Vendredi 20 décembre 1872

De Une correspondance familiale

Lettre d’Eugénie Desnoyers, épouse de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à sa sœur Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris)

original de la lettre 1872-12-20 pages 1-4.jpg original de la lettre 1872-12-20 pages 2-3.jpg


Vendredi midi[1]

Ma bonne petite Gla,

ta lettre m'arrive sans retard et j'y réponds de suite.

Je connais l'embarras du choix des livres et je te suis reconnaissante de toute la peine que tu prends. Nous n'avons pas les deux ouvrages que tu indiques et il me semble qu'ils doivent être bons ; ainsi l'Évangile d'une grand-mère[2] pourrait très bien convenir, mais hier je t'écrivais un petit mot dans la lettre de maman[3] pour où je te disais que Marie[4] avait envie d'une bague ; Emilie[5] porte la sienne. Fais comme ton inspiration, tu en as toujours de bonnes.

Pour les renseignements à prendre à Mulhouse je suis à ta disposition ; Je n'irai à Mulhouse que le Mercredi 8 Janvier à cause des fêtes de Noël et du jour de l'an ; est-ce assez tôt ? ou veux-tu que j'y aille avant ? cela se peut très bien.

R.S.V.P.

Les petites voilettes feront beaucoup de plaisir, elles iront juste avec les chapeaux de velours.

1h

Le temps est si beau que le soleil me bouche l’œil. Ma joue va presque tout à fait bien aussi je vais aller à Thann faire mes petites commissions pour achats de Noël et de jour de l'an.

Je ne trouve rien à t'écrire, c'est abominable, n'est-ce pas ?

Je t'embrasse de tout cœur, les enfants[6] en font autant ; à dîner elles déploraient que tante Aglaé n'ait pas une demie douzaine de petites filles, que ce serait si amusant.

Marie a eu son cours ce matin, aussi on joue de bon cœur, Emilie aura son catéchisme à <2>h et demain son cours ; Mardi matin notre distribution, et d'ici là nous avons bien des choses encore à préparer.

Les eaux vont amener de vrais désastres à Paris d'après les journaux. Il faut que vous ayez bien plus de pluie que nous, car ici les eaux de sont pas grandes.

Embrasse bien maman et garde pour toi de bonnes tendresses.

Eugénie M.

Amitiés à Alphonse[7]

Il me semble que mes petites dentelles noires qui sont après cette robe blanche pourraient garnir une grande tunique en attendant que je puisse t'envoyer les <hautes>.

Je te recommande encore pour Jean[8] la Justice des Choses[9] et pour Jeanne[10] : Rosamonde de miss Edgeworth[11]


Notes

  1. Lettre non datée, à situer fin décembre, avant Noël, en 1872 (le 8 janvier est un mercredi en 1873).
  2. Évangile d'une grand'mère, par Sophie de Ségur (plusieurs éditions).
  3. Jeanne Target, épouse de Jules Desnoyers.
  4. Marie Mertzdorff.
  5. Emilie Mertzdorff.
  6. Marie et Emilie Mertzdorff.
  7. Alphonse Milne-Edwards.
  8. Jean Dumas.
  9. Les aventures d'Edouard et la justice des choses par Lucie B. [Béra], connue sous le pseudonyme d’André Léo (1824-1900), romancière, journaliste, militante socialiste.
  10. Probablement Jeanne Pavet de Courteille.
  11. Rosamonde, par Maria Edgeworth (1767-1849).

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Vendredi 20 décembre 1872. Lettre d’Eugénie Desnoyers, épouse de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à sa sœur Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Vendredi_20_d%C3%A9cembre_1872&oldid=56973 (accédée le 18 août 2022).

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