Vendredi 17 juillet 1891

De Une correspondance familiale


Lettre d'Alphonse Milne-Edwards (Paris) à sa nièce Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (en villégiature en Bretagne)


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Lettres de tante et oncle Alphonse Milne-Edwards à Maman[1]

17 Juillet 1891[2]

Chère Marie

Je reçois ta gentille lettre qui vient me tenir compagnie et en même temps raviver mes regrets de ne pas être avec vous. Le mois de Juillet s’écoule tristement, car le temps a beau couler je retrouve toujours dans l’air, dans la lumière, dans les bruits du dehors des souvenirs pénibles[3]. En ce moment je suis seul à Paris et j’ai trop d’occupations pour m’échapper, c’est à peine si j’ai pu aller le 14 à Launay. Madame Dumas[4] est à Bracancourt où elle restera probablement jusqu’à Lundi et je suis sûr qu’elle aurait prolongé son séjour si elle n’avait pas été trop pressée de reprendre ici son rôle de Maîtresse de Maison ; je regrette qu’elle ne puisse profiter plus longtemps de sa visite à Saint-Bon.

Les nouvelles que tu me donnes des enfants[5] me font grand plaisir. Mimi devient forte et sage, elle n’a pas peur de l’eau, elle est raisonnable, elle oublie peut-être aussi de taquiner frères et sœur, c’est bien beau et je te charge de lui faire tous mes compliments. Si elle continue dans cette voie je l’inviterai tous les Mercredis à venir dîner au Jardin des Plantes.

C’est donc le 29 Juillet le grand jour, le jour des émotions[6]. Je pense que Marcel ira surveiller la vente de Livet. Pourvu que les articles des journaux n’aient pas fait venir l’eau à la bouche de trop d’acquéreurs. Quand tu seras fixée sur ce que tu dois faire de ton mois d’Août tu me l'écr le diras, j’espère toujours que j’en aurai un petit morceau.

Je t’embrasse chère fille ainsi que tous les tiens.

AME


Notes

  1. Mention ultérieure de la main d'un enfant de Marie Mertzdorff-de Fréville.
  2. Lettre sur papier deuil.
  3. Aglaé Desnoyers, épouse d'Alphonse Milne-Edwards, est décédée le 10 juillet 1887.
  4. Cécile Milne-Edwards, veuve d'Ernest Charles Jean Baptiste Dumas.
  5. Jeanne, Robert, Charles et Marie Thérèse de Fréville.
  6. Les de Fréville s'apprêtent à acheter le château de Livet.

Notice bibliographique

D’après l’original.


Pour citer cette page

« Vendredi 17 juillet 1891. Lettre d'Alphonse Milne-Edwards (Paris) à sa nièce Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (en villégiature en Bretagne) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Vendredi_17_juillet_1891&oldid=56853 (accédée le 15 août 2022).

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