Thiers, Adolphe (1797-1877)

De Une correspondance familiale

Adolphe Thiers est une personnalité politique citée dans les lettres, et appréciée par Charles Mertzdorff et la famille de son épouse Eugénie Desnoyers : « Thiers s'est montré d'un dévouement pour son pays sans égal malgré les difficultés » (lettre du 9 novembre 1870) ; « Si nous n'avions pas eu M. Thiers, nous serions dans une anarchie complète » (19 mars 1871).

Adolphe Thiers, avocat, journaliste, historien, est successivement un des promoteurs de la Révolution de 1830, ministre de la monarchie de Juillet, chef du parti de l’Ordre sous la Seconde République, un des chefs de l’opposition sous le Second Empire. Opposé au courant belliqueux en 1870, il gagne une immense popularité dans la bourgeoisie.

Après la défaite de Sedan (1870), la France de la Défense nationale veut continuer la guerre engagée contre la Prusse par Napoléon III. Jules Favre, en septembre-octobre 1870, mandate Thiers pour faire la tournée des capitales européennes à la recherche d’aides diplomatiques ; l’entreprise est vaine. Thiers est élu « chef du pouvoir exécutif de la République française » (février 1871) par l’Assemblée nationale réfugiée à Bordeaux, tandis que le roi de Prusse proclame l’Empire allemand à Versailles. Thiers signe le traité de Francfort avec Bismarck le 10 mai 1871.

La crainte d'une restauration monarchique et le refus de l'armistice entraînent le soulèvement de Paris qui proclame la Commune. Depuis Versailles où s’est installé le gouvernement, Thiers ordonne l'écrasement de la Commune (mai 1871) ; la violence de la répression ternit durablement la réputation de Thiers.

Au lendemain de la Commune, les élections partielles de 1871 renforcent les républicains à l’Assemblée. Thiers obtient le titre de « Président de la République française » (août 1871) et il organise la République provisoire. Face aux luttes politiques et devant les échecs d'une restauration, Thiers se tourne de plus en plus vers le régime républicain : dans un discours du 13 novembre 1872, il affirme son ralliement à la République, qu'il veut socialement conservatrice et politiquement libérale. Eugénie Desnoyers, épouse de Charles Mertzdorff, applaudit son message présidentiel à l'Assemblée (lettre du 18 novembre 1872), dans lequel il proclame : « la République existe, c’est le gouvernement légal du pays. Vouloir autre chose serait une nouvelle révolution et la plus redoutable de toutes ».

Mis en minorité face aux monarchistes qui s’inquiètent de la montée des groupes parlementaires républicains aux élections partielles et des mouvements de gauche, notamment radicaux, Thiers démissionne de la présidence de la République (mai 1873).



Pour citer cette page

« Thiers, Adolphe (1797-1877) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), URI: https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Thiers,_Adolphe_(1797-1877)&oldid=42339 (accédée le 9 août 2022).

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