Samedi 9 octobre 1909

De Une correspondance familiale



Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Hazebrouck), à son fils Louis Froissart (Douai)


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Hazebrouck, 9 8bre

Mon cher Louis,

Je fais venir Françoise[1] à Lille aujourd’hui pour m’apporter une précieuse robe de dentelles que je vais faire arranger pour le mariage de Max[2] et je profite de son intermédiaire pour te faire parvenir des dragées de Suzanne[3] et des remerciements  pour ta bonne lettre reçue hier matin.

Tous les détails que tu me donnes m’ont vivement intéressée et je fais bien des vœux pour que ton nouveau professeur soit selon tes rêves. C’est dommage que tu n’aies pu avoir M. Piat que Pierre[4] aimait tant, mais rien ne dit que son successeur ne le remplace pas parfaitement. Je pense qu’il y sera très aidé par les dispositions qu’apporteront eux-mêmes ses élèves et que la bonne volonté que l’on met de part et d’autre à bien s’entendre facilite beaucoup les bons rapports. Je ne pensais pas que vous seriez aussi nombreux dans votre section. J’espère que tu vas rapidement prendre la tête et que tu t’y maintiendras. Tu pourrais consulter M. le Supérieur[5] ou M. Goguillon[6] ou encore ton professeur sur l’opportunité de prendre quelques répétitions de physique en vue de ton P. C. N.[7]

Tout va bien ici. Ce n’est pas à moi qu’il faut demander si la petite Suzanne est laide : je la trouve adorable ; je dois cependant reconnaître que, après avoir été très rouge, elle devient maintenant assez jaune, qu’elle est horriblement matérielle et ne pense qu’à téter, elle se remplit tellement qu’elle en renverse une partie chaque fois qu’on la remue. Elle ouvre les yeux et commence à faire connaissance avec le monde. Elle a  une abondante chevelure noire qui se termine au milieu des joues par un petit duvet, elle crie beaucoup et très fort, toujours sur le même ton. Anne Marie[8] l’imite très bien. Elle l’aime beaucoup et voudrait déjà jouer avec elle.

Je t’embrasse tendrement, cher enfant. Je pense que Jacques[9] ne tardera pas à aller à Douai ; il vient de faire une grande tournée de sucreries et distilleries à Gravelines et Dunkerque, et autres lieux et va continuer son enquête à Lille.

Émilie


Notes

  1. Françoise Maurise Giroud, veuve de Jean Marie Cottard, employée par les Froissart à Douai.
  2. Maximilien Froissart épouse Cécile Dambricourt le 4 novembre 1909.
  3. Suzanne Degroote, petite-fille d’Émilie Mertzdorff-Froissart, née le 5 octobre 1909.
  4. Pierre Froissart.
  5. Alphonse Varrasse.
  6. Léon Jules Goguillon.
  7. Le certificat d'études physiques, chimiques et naturelles (PCN), obtenu après le baccalauréat, était nécessaire pour entreprendre des études médicales.
  8. Anne Marie Degroote, sœur de Suzanne.
  9. Jacques Froissart.

Notice bibliographique

D’après l’original.


Pour citer cette page

« Samedi 9 octobre 1909. Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Hazebrouck), à son fils Louis Froissart (Douai) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Samedi_9_octobre_1909&oldid=56420 (accédée le 7 août 2022).

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