Samedi 17 juin 1876 (B)

De Une correspondance familiale

Lettre de Louis Daniel Constant Duméril (Morschwiller) à Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris)

original de la lettre 1876-06-17 B page 1.jpg original de la lettre 1876-06-17 B pages 2-3.jpg


Morschwiller Samedi 17 Juin 1876

Ma chère Aglaé

Je m’empresse de vous faire savoir que bonne-maman[1] a été des plus sages qu’elle a tenu toutes ses promesses, qu’établie dans un bon petit coin, elle n’en a pas bougé avant d’arriver à Mulhouse ; si ce n’est pour assister à Montreux-Vieux[2] à la visite des bagages. Arrivée à Morschwiller elle y a pris son café avec grand plaisir, elle a peu mangé au dîner par prudence & rien n’annonce qu’elle veuille retomber dans ses erreurs précédentes.

Ceci bien expliqué, il me reste à vous exprimer en commun avec elle toute notre reconnaissance pour tous les soins toutes les amitiés que vous nous avez prodigués, toutes les jouissances que vous nous avez procurées pendant ce long séjour qui a paru si court & qui va nous laisser un si doux souvenir dans notre isolement. Nous penserons souvent à toutes les attentions de notre bon Monsieur Alphonse[3] qui nous est devenu bien cher ; à la cordiale hospitalité de Monsieur votre beau-père[4], qui sait si bien nous mettre à l’aise chez lui, faites je vous prie à l’un nos cordiales amitiés & présentez à Monsieur Edwards nos affectueux respects.

Si cela ne vous ennuie pas embrassez bien pour nous nos chères fillettes[5], que nous avons eu tant de plaisir à voir un peu de suite : dites-leur que leur père[6] a fait aussi bon voyage quoiqu’il ait dormi moins que nous, car bonne-maman n’a pas fait grand autre chose & cela profondément & j’ai tâché de l’imiter de mon mieux.

Nous sommes tristes d’avoir laissé votre bonne mère[7] en mauvaise disposition ; nous espérons apprendre bientôt que cela n’a pas eu de suite : dites lui, je vous prie, ainsi qu’à votre père, combien nous avons été touchés de leur bon accueil, dont nous rapportons un respectueux souvenir.

Recevez pour vous, ma chère Aglaé, l’expression de notre inaltérable & tendre attachement.
C Duméril


Notes

  1. Félicité Duméril, épouse de Louis Daniel Constant Duméril.
  2. Montreux-Vieux, gare frontière depuis 1871.
  3. Alphonse Milne-Edwards.
  4. Henri Milne-Edwards (« M. Edwards »).
  5. Marie et Emilie Mertzdorff (17 et 15 ans).
  6. Charles Mertzdorff.
  7. Jeanne Target, épouse de Jules Desnoyers.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Samedi 17 juin 1876 (B). Lettre de Louis Daniel Constant Duméril (Morschwiller) à Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Samedi_17_juin_1876_(B)&oldid=35395 (accédée le 15 août 2022).

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