Samedi 17 juillet 1880

De Une correspondance familiale

Lettre de Marie Mertzdorff (épouse de Marcel de Fréville) (Paris) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann)

original de la lettre 1880-07-17 pages 1-4.jpg original de la lettre 1880-07-17 pages 2-3.jpg


Paris 17 Juillet 1880

Je ne veux pas quitter Paris, mon cher Papa, sans être venue, même en courant, t’embrasser encore une fois, nous partons décidément demain matin pour Villers et nous sommes tous les 2[1] bien contents ; du reste nous le sommes toujours, contents de rester, contents de partir, contents de revenir ; quand on est bien heureux comme nous on est toujours satisfait.

Voilà ma maison à peu près en ordre, elle n’est plus aussi jolie que cet été, les rideaux sont partis, les pendules sont couvertes, les petits bibelots sont dans des armoires &&
J’ai fait hier mes visites d’adieu et aujourd’hui c’est le tour des caisses car il faut que tout soit terminé ce soir.

Merci mille fois mon cher Papa, de la longue lettre que tu m’as écrite, elle m’a fait bien plaisir, j’aime tant à recevoir des lettres de toi. Marcel a été hier à l’eau de Vichy et il a l’intention de te répondre lui-même à ce sujet.
Il fait depuis quelques jours une chaleur étouffante, malgré de fréquents orages qui ne rafraîchissent en aucune façon la température aussi il nous semble que l’air de la mer va être délicieux. Je voudrais pouvoir t’en envoyer à Vieux-Thann dans des petites outres.
J’ai reçu hier une bonne lettre d’Émilie[2] qui paraît très heureuse à Launay, tante[3] m’a écrit aussi.

J’oublie, mon Père chéri un point capital, c’est de te donner mon adresse à :
Villers-sur-Mer rue du Presbytère, Calvados. Tu vois que nous ne serons pas bien loin de l’Église ni de la mer non plus paraît-il ; si tu te rappelles encore un peu Villers tu vois peut-être où est située la maison qui va devenir pour un mois notre demeure.

Pardon Père chéri, de t’écrire si vite et si mal j’ai été dérangée tant de fois que je ne sais plus ce que je te dis cette lettre ne compte pas, nous t’écrirons bientôt pour te donner des nouvelles de notre voyage.
Adieu mon cher Papa, je t’embrasse de tout mon cœur ; Marcel se joint à moi pour former à ton adresse un immense ballot d’amitiés.
ta fille
Marie


Notes

  1. Marie Mertzdorff et son époux Marcel de Fréville.
  2. Emilie Mertzdorff, sœur de Marie.
  3. Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Samedi 17 juillet 1880. Lettre de Marie Mertzdorff (épouse de Marcel de Fréville) (Paris) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Samedi_17_juillet_1880&oldid=35392 (accédée le 27 septembre 2022).

D'autres formats de citation sont disponibles sur la page page dédiée.