Mercredi 16 février 1881 (A)

De Une correspondance familiale

Lettre de Marie Stackler (épouse de Léon Duméril) (Vieux-Thann) à sa nièce Marie Mertzdorff (épouse de Marcel de Fréville)(Paris)

original de la lettre 1881-02-16 A.jpg


16 février 1881[1].

Ma bien chère Marie,

Ta gentille lettre m’a fait un grand plaisir, et je me suis empressée de la communiquer à papa et à maman[2], afin qu’ils partagent ma joie.

Comme tu ne me dis rien de ta santé, j’en conclus qu'elle continue à être très satisfaisante, nous pensons de plus en plus à toi ma chère Marie, mais avec une grande quiétude, nous réjouissant de l’arrivée de ce cher petit bébé[3], qui va tenir une si grande place dans la famille. Hélène[4], qui adore les bébés, va être en contemplation devant ce petit neveu, quand vous viendrez l’été prochain, et je suis sûre qu’elle aura beaucoup de sollicitude pour lui, car depuis qu’elle a trois ans elle se trouve très grande fille ; elle va très bien et se développe sans fatigue, Dieu nous la conserve ainsi, car c’est une joie de tous les instants.

Ma Mère[5] est enfin partie pour Paris lundi, la semaine dernière elle a été prise d’une si forte grippe qu’elle a même dû garder le lit et avant-hier encore, elle était très enrouée, mais l’oppression avait disparu, je l’ai accompagnée jusqu’à Mulhouse, et une dépêche de mon frère[6] nous apprend qu’elle a fait un excellent voyage. Dès que mon frère sera un peu casé, maman compte aller te voir ainsi que Madame Edwards[7], elle te remettra un paquet qui contient un ravissant petit manteau bleu que les DemoisellesBerger[8] t’envoient, et une robe que je destine à mon futur neveu je l’ai choisie courte pensant que tu devais en avoir plusieurs longues.
Nous sommes très contents de voir Marie Berger se marier aux Vieux-Thann, et lui souhaitons tout le bonheur possible, en tout cas, elle est bien heureuse en ce moment, sa mine épanouie fait plaisir à voir.

Merci ma chère Marie, pour la part que tu as prise à la mort de mon Cousin[9]. Ma pauvre Cousine[10] a beaucoup de résignation mais elle se sent bien seule et bien triste ; nous tâcherons de l’entourer beaucoup, l’aînée des filles de mon Oncle Hertzog[11] est auprès d’elle et y restera jusqu’à ce que Maman aille à Sélestat [ou] en rentrant de Paris.

Papa et Maman vont très bien, ils sortent d’ici et me chargent de t’embrasser, commission dont je m’acquitte avec le plus grand plaisir. Mon mari[12] et moi, t’embrassons, nos plus tendres amitiés.
J’embrasse Émilie[13] de tout cœur, veuille le lui dire de ma part.
Rappelle-nous en bon souvenir de Monsieur de Fréville[14]. Mes affectueux compliments à Madame Edwards.
Ta tante
Marie Duméril


Notes

  1. Papier à monogramme.
  2. Ses beaux-parents : Louis Daniel Constant Duméril et son épouse Félicité Duméril.
  3. Jeanne de Fréville, qui naîtra le 19 mars 1881.
  4. Hélène Duméril.
  5. Marie Stéphanie Hertzog, veuve de Xavier Stackler.
  6. Henri Stackler, médecin à Paris.
  7. Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards.
  8. Marie Berger, qui va épouser Paul Henri Rich, et sa sœur Hélène Berger.
  9. Clément Fortuné Oberlé.
  10. Clémentine Oberlé, sœur de Clément Fortuné.
  11. Auguste Hertzog.
  12. Léon Duméril.
  13. Emilie Mertzdorff, sœur de Marie.
  14. Marcel de Fréville, époux de Marie Mertzdorff.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Mercredi 16 février 1881 (A). Lettre de Marie Stackler (épouse de Léon Duméril) (Vieux-Thann) à sa nièce Marie Mertzdorff (épouse de Marcel de Fréville)(Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mercredi_16_f%C3%A9vrier_1881_(A)&oldid=34952 (accédée le 8 août 2022).

D'autres formats de citation sont disponibles sur la page page dédiée.