Mardi 17 novembre 1863

De Une correspondance familiale

Lettre d’Eugénie Desnoyers (Paris) à sa filleule Marie Mertzdorff (Vieux-Thann)


Original de la lettre 1863-11-17.jpg


Mardi[1]

Ma chère petite Marie,

C’est à toi que je m’adresse aujourd’hui. Je veux te remercier de la bonne petite lettre que tu m’as écrite et qui m’a fait bien plaisir. Je t’aime beaucoup parce que je sais que tu es une bonne petite fille qui veut toujours être bien sage pour faire plaisir à petite maman qui est dans le ciel[2] et qui voit tout ce que fait sa petite fille.

Je serais, comme toi ma chérie, très contente de te voir ; tu me raconterais comment est employée ta journée ; tu me dirais tes jeux, les petits devoirs, car il me semble que tu dois commencer à apprendre tes lettres, tu me parlerais de ta petite sœur[3] et moi je te raconterais de jolies histoires et je te <calinerais> un peu.

Maintenant je vais parler affaire avec toi ; il faut que tu me rendes un grand service en me répondant la vérité. La petite poupée que je <t’avais> envoyée et que ta petite maman avait surnommée « la petite Eugénie », existe-t-elle encore ? Ma 2e vue de marraine (je ne sais si elle me trompe) me la fait voir très malade, la tête et les membres me paraissent avoir besoin du médecin et il me prend fantaisie de te la guérir par un coup de baguette. Cela te ferait-il plaisir ? Tu serais bien gentille de prier bonne-maman[4] de t’aider à m’écrire ; elle est si bonne ta bonne-maman Duméril qu’elle ne te refusera pas. Comme tu dois l’aimer cette chère bonne-maman. Embrasse-la bien pour moi et dis-lui que je pense bien souvent à elle.

Adieu ma petite filleule chérie, je t’envoie ainsi qu’à ta petite sœur mes meilleures caresses.

Ta marraine qui t’aime beaucoup

Eugénie Desnoyers

J’attends une lettre dans laquelle tu me diras tous les jolis joujoux que vous avez et où tu me parleras surtout de tes filles et de ce qu’elles possèdent.


Notes

  1. Cette lettre non datée est possiblement celle à laquelle Eugénie Desnoyers fait allusion le 21 novembre.
  2. Caroline Duméril, épouse décédée de Charles Mertzdorff, a laissé deux petites filles.
  3. Emilie Mertzdorff.
  4. Félicité Duméril, épouse de Louis Daniel Constant Duméril.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Mardi 17 novembre 1863. Lettre d’Eugénie Desnoyers (Paris) à sa filleule Marie Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mardi_17_novembre_1863&oldid=56979 (accédée le 6 octobre 2022).

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