Mardi 15 février 1876

De Une correspondance familiale

Lettre d’Aglaé Desnoyers (épouse d’Alphonse Milne-Edwards) (Paris) à Charles Mertzdorff (Vieux-Thann)

original de la lettre 1876-02-15 pages 1-4.jpg original de la lettre 1876-02-15 pages 2-3.jpg original de la lettre 1876-02-15 enveloppe.jpg


Mardi[1]

Mon cher Charles,

Marie[2] vient de se lever, elle n’a plus de fièvre, elle paraît un peu fatiguée mais j’espère que c’est une affaire presque terminée, elle tousse fort peu et lit en ce moment un livre amusant. Soyez bien tranquille il ne sera pas question de travail si elle ne se sent pas tout à fait bien, demain elle n’ira pas au cours et je suis bien décidée à ne la mener Jeudi que si elle est admirablement bien (car Jeudi ces Messieurs doivent venir les interroger). Ainsi qu’Emilie[3] vous l’a écrit hier j’ai fait inscrire Marie, elle est la 546e. On vous a parlé du sermon des Essarts[4] de Mercredi dernier, il a été pour notre pauvre Marie la chose la plus horrible et la moins attendue ; aussi avait-elle le cœur bien gros jusqu’au lendemain. J’avoue que je n’ai pas été très aimable avec l’auteur de tout le mal ; dans un discours de près de ¾ d’heure j’ai cherché à lui prouver qu’elle était dans l’erreur en trouvant que Marie ne travaillait pas assez. Elle a fini par m’avouer que c’était une dictée dans laquelle Marie avait fait 4 fautes qui lui avait donné l’idée de prêcher. Il faut avouer que c’était une malheureuse idée. Mlle Bosvy[5] et Mlle Viollet[6] ont du reste été bien charmantes.

Il pleut depuis ce matin, la neige s’est plus visible et la boue doit être chose affreuse. J’avais parlé à deux personnes pour la famille Bobé et voyant qu’on ne pouvait m’être de grand aide de ces deux côtés j’allais écrire à la belle-mère d’un Ministre protestant pensant mieux réussir, mais bien entendu je ne vais pas le faire. Vous avez trouvé sans doute le meilleur moyen de venir en aide à cette pauvre famille. Vous devez être content.

Je n’ai plus le temps de terminer ce griffonnage ; j’ai eu une visite qui est venue m’empêcher de causer plus longuement avec vous. Je vous demande pardon et vous envoie nos meilleures amitiés.
AME


Notes

  1. Lettre datée grâce au cachet postal de son enveloppe.
  2. Marie Mertzdorff.
  3. Emilie Mertzdorff, sœur de Marie.
  4. Mlle des Essarts Boblet.
  5. Marguerite Geneviève Bosvy, professeur d’arithmétique.
  6. Lucie Violet.

Notice bibliographique

D’après l’original

Annexe

Monsieur Mertzdorff
Vieux-Thann
haute Alsace

Pour citer cette page

« Mardi 15 février 1876. Lettre d’Aglaé Desnoyers (épouse d’Alphonse Milne-Edwards) (Paris) à Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mardi_15_f%C3%A9vrier_1876&oldid=40719 (accédée le 19 août 2022).

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