Mardi 10 mai 1808

De Une correspondance familiale

Lettre d’André Marie Constant Duméril (Paris) à son père François Jean Charles Duméril (Amiens)

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N° 188

Mon Cher père, j’attendais d’un jour à l’autre qu’on me remit les renseignements nécessaires pour l’acte de naissance avant de vous écrire. voilà pourquoi je ne vous ai pas plus tôt répondu.

ma petite fille[1] a été assez fortement indisposée d’une fièvre catarrhale qui a donné quelques inquiétudes à sa mère[2]. nous avons été obligés de faire vomir cet enfant et il a été les cinq ou six jours suivants sans appétit. Depuis trois sa gaieté lui est revenue. mais les forces ne sont pas encore à l’avenant. j’espère cependant qu’elle remarchera tout à fait seule sous peu car elle en a la volonté ses petits pieds lui refusent le service, d’ailleurs elle a bon appétit.

J’ai reçu une lettre d’Auguste[3] mais elle m’est parvenue par occasion à près d’un mois de date. il ne me parle pas du tout de ses projets. Madame Bruloy vient quelquefois nous voir et nous met dans un grand embarras. auguste ne leur écrit pas du tout et nous ne savons trop que penser de sa conduite.

mon affaire dujardin des plantes est toujours dans le même état. on m’engage à commencer mon cours ; mais j’attends qu’il y ait quelque chose de décidé pour le retour de l’empereur. s’il va en Espagne je le commencerai à la fin de ce mois. s’il revient au contraire j’attendrai encore car je crois que l’occasion de ce cours sera celle dont profitera aussi M. De Lacépède pour parler à l’empereur. Je n’au absolument à craindre aucun concurrent. de sorte que mes droits sont établis sur la nécessité et la justice. on ne connaît absolument rien de ce qui concerne l’université.

Voici la note relative à l’acte de naissance[4] on en <…> deux extraits légalisés par le président du tribunal civil – Louis François Louet né à amiens le quatorze novembre 1785 et baptisé à la paroisse Saint Remy.

Alphonsine qui vous embrasse ainsi que maman[5] me charge de lui annoncer qu’elle lui écrira l’un de ces jours et qu’elle l’aurait déjà fait sans l’indisposition de sa petite. nos amitiés à Reine[6] et à désarbret[7].

Je vous embrasse tendrement

C. D.

Mardi 10 mai 1808.

Les 2 Expéditions m’ont coûté 3F 80c.


Notes

  1. Caroline Duméril (l’aînée), née en mars 1807.
  2. Alphonsine Delaroche.
  3. Auguste (l’aîné), frère d’André Marie Constant Duméril. Auguste se marie l’année suivante, en juillet 1809, avec Alexandrine Cumont.
  4. Voir lettre du 28 avril 1808.
  5. Rosalie Duval.
  6. Reine Duméril, sœur d’AMC Duméril.
  7. Joseph Marie Fidèle dit Désarbret, frère d’AMC Duméril.

Notice bibliographique

D’après l’original (il existe également une copie dans le livre des Lettres de Monsieur Constant Duméril, 3ème volume, p.18-20)

Annexe

A Monsieur

Monsieur Duméril père

Juge en la cour criminelle

petite rue St Rémy N° 4

à Amiens

Pour citer cette page

« Mardi 10 mai 1808. Lettre d’André Marie Constant Duméril (Paris) à son père François Jean Charles Duméril (Amiens) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mardi_10_mai_1808&oldid=40653 (accédée le 14 août 2022).

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