Lundi 9 février 1874

De Une correspondance familiale


Copie d’une lettre de Valéry Cumont (Mons-en-Baroeul) à sa nièce Eugénie Duméril, veuve d’Auguste Duméril (Besançon)


original de la copie de la lettre 1874-02-09 pages 2-3.jpg


Copie de la lettre de mon oncle Valéry[1] reçue le 9 février 1874.

Ma chère Eugénie,

Je n’ai pas encore répondu à ta lettre, parce que je viens seulement de revenir d’un petit voyage fait à Bruxelles et à Alost avec Esther et Marie[2]. Esther va t’écrire et te donnera des détails sur ce voyage, je vais de mon côté te parler d’une excursion que j’ai faite dernièrement à Paris et à <Chenay>. J’ai revu Auguste[3] avec bien du plaisir, nous nous sommes rappelé les souvenirs de notre jeunesse et cette ville de Lille dont nous avons été pour ainsi dire chassés l’un après l’autre, je veux dire les uns après les autres, par la force des événements, tu et voilà disais-je à Auguste, que tu es le dernier de notre famille à Paris, sans être certain d’y rester. Ces pensées nous inspiraient des sentiments de tristesse, mais nous disions que partout où on est, on est toujours sur la terre du bon Dieu, chacun dans la direction de son devoir. J’ai trouvé Auguste bien portant, mais un peu affaibli de constitution, j’ai dîné chez Auguste avec M. de Torsay[4] qui m’a inspiré de suite les sentiments les plus sympathiques. Auguste m’a dit : mon gendre est un fils de plus pour moi. De Paris je suis parti pour la Pastourellerie où j’ai trouvé tout le monde bien plus heureux que dans d’autres circonstances ; les bonnes promesses faites par notre cousin Dumez rassurent complètement Théophile[5] et ses enfants pour leur avenir, le présent alors leur paraît non seulement supportable, mais ils le portent avec joie.

J’ai reçu hier une lettre de Clémentine Devot[6] qui m’annonce le mariage de sa fille Adèle avec M. Vasse percepteur à Bavay (Nord). Je connais la famille, c’est une des plus honorables qu’on puisse désirer et quoiqu’il y ait sept enfants, il y a de la fortune. Il y a quatre jours nous avons eu une agréable surprise, Charles[7] vient de passer de la Perception de Marchiennes à celle de Baisieux à deux lieues de Lille. La Perception vaut 5 500 francs, à l’âge de Charles on doit considérer cette position comme très belle.

Adieu ma chère Eugénie, je t’embrasse de tout cœur avec tes enfants

Valéry Cumont


Notes

  1. Valéry Cumont (1804-1887), veuf d’Esther Le Lièvre.
  2. Esther Cumont, épouse d’Henri Dumez et sa fille Marie Dumez.
  3. Charles Auguste Duméril (1812-1883).
  4. Charles Courtin de Torsay, gendre de Charles Auguste Duméril.
  5. Théophile (Charles) Vasseur (1801-1878),veuf de Fidéline Cumont.
  6. Clémentine Declercq, épouse de Félix Devot.
  7. Charles Cumont, fils de Valéry.

Notice bibliographique

D’après l’original de la copie

Pour citer cette page

« Lundi 9 février 1874. Copie d’une lettre de Valéry Cumont (Mons-en-Baroeul) à sa nièce Eugénie Duméril, veuve d’Auguste Duméril (Besançon) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Lundi_9_f%C3%A9vrier_1874&oldid=40634 (accédée le 8 août 2022).

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