Jeudi 3 novembre 1881 (B)

De Une correspondance familiale

Lettre de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à sa fille Marie Mertzdorff épouse de Marcel de Fréville (Paris)


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Jeudi 3 9bre 81

Ma chère Marie.

Un mot seulement pour te donner des nouvelles de Hélène[1], nos excellents parents[2] l’ont quittée déjà si malade qu’ils doivent désirer d'être journellement tenus au courant de la marche de la Maladie.

Hier au soir à 7 h. le docteur professeur à Strasbourg est venu en consultation. Disqué[3] avait proposé d’appeler le professeur de la clinique des enfants c’était en effet la spécialité que nous pouvions désirer. L’état de la petite malade est grave, très grave - mais rien de désespérant. Il a approuvé le traitement qu’avait fait suivre notre Docteur Disqué y ajoutant de la glace sur le ventre & la tête.

une tranquillité complète n’ayant jamais que 2 personnes auprès d’elle, éloignant autant que faire se peut la petite maman[4],

3 bains tièdes & le reste des linges mouillés. Enfin tout ce que l’on fait en pareil cas aujourd’hui.

Malgré la glace sur la tête & le ventre, les linges mouillés, il est difficile de tenir la température [à] au-dessous de 40°. Après le bain la température descend jusqu’à 36 ° mais au bout de 3h elle est de nouveau montée à 40°.

La nuit n’a pas été bonne le docteur est auprès de l’enfant en ce moment, il est toujours là pour le bain, vient 5 & 6 fois dans la journée. Hier soir à 11h il était encore là. Il paraît bien soucieux, mais je n’ai pas le fond de sa pensée.

Dans tous les cas, c’est excessivement grave, le début de la maladie a été si violent qu’il y a raison de craindre tout. Mais enfin jusqu’à ce jour le Docteur n’a pas perdu un seul de ses malades de cette terrible maladie, espérons qu’il ne sera pas moins heureux pour nous.

Tu comprends l’état de Léon & de sa femme.

Hier au soir à 9h nous avons envoyé Michel[5] à Lütterbach chercher de la glace, n’en trouvant pas à Thann. la voiture est rentrée vers 1h du matin avec ce que nous demandions.

Il ne faut pas que je vous cache que notre inquiétude augmente avec la maladie qui aujourd’hui est plus violente qu’hier.

Mais encore une fois, il ne faut pas désespérer.

Ce sont nos sœurs qui soignent la petite malade, avec Mme Stackler[6], Marie Léon est elle-même bien réduite & doit se soigner, & beaucoup si c’était possible.

Comme tu le vois notre pauvre maison est bien triste.

tout à toi Chs Mff

Mes meilleures amitiés à bon-papa & bonne-maman qui j’espère sont installés chez toi[7] & en bonne santé.


Notes

  1. Hélène Duméril, atteinte de fièvre typhoïde.
  2. Louis Daniel Constant Duméril et son épouse Félicité Duméril (« bon-papa & bonne-maman »).
  3. Le docteur Louis Disqué.
  4. Marie Stackler, épouse de Léon Duméril (« Marie Léon »).
  5. M. Michel, cocher de Charles Mertzdorff.
  6. Marie Stéphanie Hertzog, veuve de Xavier Stackler.
  7. Rue Cassette.

Notice bibliographique

D’après l’original.

Pour citer cette page

« Jeudi 3 novembre 1881 (B). Lettre de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à sa fille Marie Mertzdorff épouse de Marcel de Fréville (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Jeudi_3_novembre_1881_(B)&oldid=40073 (accédée le 16 août 2022).

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