Jeudi 3 mai 1866

De Une correspondance familiale

Lettre de Charles Mertzdorff (Colmar) à son épouse Eugénie Desnoyers (restée à Paris dans sa famille)

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Ma chère petite Eugénie

Mon papier te dit que je suis auprès des Colmariens ; j’ai fait bon, très bon voyage, pas mal dormi & ne me trouve pas trop fatigué.

J’ai trouvé Mère[1] & sœur[2] en parfaite santé, la Maman m’attendant & Emilie espérant que je lui laisserais encore sa mère.

Quant à Edgar, il est en tournée avec le Préfet[3] de sorte que je ne le verrai pas, Comptant quitter à 3 ½ h pour être rentré à 6 h.

Je viens d’envoyer une dépêche à Vieux-Thann.

Comme tu le penses bien mon voyage n’a rien d’intéressant à te raconter.

J’ai trouvé à nos 2 dames fort bonnes mines, ma Mère est très contente de son petit séjour auprès de sa fille, regrette de ne pas être restée plus longtemps pour Emilie, qui a trouvé qu’on ne lui donne pas assez.

Mais maman est trop contente de rentrer pour prolonger.

Emilie est très contente de son voyage à Paris, seulement elle trouve qu’elle y a laissé trop d’argent.

Elle va bien, & maman me dit qu’elle est très contente de sa santé.

Ils ne savent encore rien des Démarches faites à Paris, que tu connais ; l’on espère. De même pour le terrain à côté de leur Maison, décidément le Préfet n’est pas ami.

De sa maison je ne sais encore rien. A Mulhouse j’ai rencontré quelques amis qui attendaient les journaux de Paris, où ils n’ont rien trouvé de rassurant. Je n’avais que 10 mn à attendre à Mulhouse & à 9 heures j’étais ici.

Je ne te dirai pas que cœur & pensées sont restés avec toi & tout ce que je viens de quitter, tu t’en doutes, tu en est même persuadée. Aussi tu ne seras pas étonnée, de me voir revenir le plus tôt qu’il me sera possible.

Maman m’a fait tant de question, m’a si bien raconté combien nous lui manquions pendant qu’elle était seule que le temps s’est passé & que me voilà pressé par l’heure.

Demain je t’écrirai plus au long. tout à toi chère amie Embrasse bien nos petites chéries[4] pour moi & ne m’oublie pas auprès de tout ton aimable & affectueux entourage.

Charles Mertzdorff

Colmar 3 Mai 2h soir

Maman & Emilie qui sont dans le salon me prient de t’embrasser avec les Enfants & se rappellent au bon souvenir de tes bons parents[5].


Notes

  1. Marie Anne Heuchel, veuve de Pierre Mertzdorff.
  2. Emilie Mertzdorff, épouse d’Edgar Zaepffel.
  3. Hippolyte Ponsard, préfet du Haut-Rhin.
  4. Marie et Emilie Mertzdorff, filles de Charles.
  5. Jeanne Target et son époux Jules Desnoyers.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Jeudi 3 mai 1866. Lettre de Charles Mertzdorff (Colmar) à son épouse Eugénie Desnoyers (restée à Paris dans sa famille) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Jeudi_3_mai_1866&oldid=40066 (accédée le 17 août 2022).

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