Jeudi 15 avril 1880

De Une correspondance familiale

Lettre d’Aglaé Desnoyers (épouse d’Alphonse Milne-Edwards) (Paris) à Marie Mertzdorff (épouse de Marcel de Fréville) (en voyage de noces à Launay-Nogent-le-Rotrou)

original de la lettre 1880-04-15 pages 1-4.jpg original de la lettre 1880-04-15 pages 2-3.jpg


Jeudi 15 Avril.

Je ne comptais pas t’écrire aujourd’hui, mon enfant chérie, mais on vient de me remettre une si jolie fleur de la part de M. et Mme Marcel[1], que je veux venir de suite remercier ton cher mari de cette affectueuse attention qui me touche profondément. Je ne peux pas mieux faire que de te charger d’être mon interprète auprès de lui ; tu sauras mieux que personne lui dire combien je suis sensible à cette aimable pensée. Nous avons eu le regret de manquer la visite de Madame de Fréville[2], nous étions chez Mme Zaepffel[3] ; je compte demain m’en dédommager.

Dois-je, ma fille chérie, te dire que depuis ton départ je t’ai bien peu quittée par la pensée et que mon cœur était bien près du tien. Je crois que c’est inutile car tu ne peux en douter. Tu seras heureuse d’apprendre qu’ici tout va bien ; on est brave, et même très brave ; ta chère petite Emilie[4] a travaillé jusqu’à 2h au déménagement de sa chambre et du petit salon ; François[5] avait retiré le lit pendant le déjeuner afin qu’on puisse le plus rapidement possible réorganiser les choses comme elles doivent rester. Les toilettes d’hier[6] sont honteusement rangées dans les armoires ; elles auront là le temps de faire des réflexions salutaires sur les vanités de ce monde. Ce matin je suis allée à Saint-Médard remettre ce qui était convenu. Enfin, ma chère petite Marie tout va bien, et ce qui nous soutient c’est la pensée de ton bonheur ; jouis-en bien sans aucune arrière-pensée ; aime ton cher mari du plus profond de ton cœur et ne crains pas de le lui montrer il le mérite.

A Dieu, ma bonne petite fille, je t’embrasse aussi tendrement que je t’aime et te charge de mille choses bien affectueuses pour Marcel et le prie de t’embrasser de ma part pour tes 21 ans. Ce sera là le cadeau que [je] t’offre.
AME


Notes

  1. Marie Mertzdorff et son tout nouvel époux Marcel de Fréville.
  2. Sophie Villermé, veuve d’Ernest de Fréville.
  3. Emilie Mertzdorff, épouse d’Edgar Zaepffel et tante de Marie.
  4. Emilie Mertzdorff, sœur de Marie.
  5. François, employé par les Milne-Edwards.
  6. Les vêtements portés au mariage de Marie.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Jeudi 15 avril 1880. Lettre d’Aglaé Desnoyers (épouse d’Alphonse Milne-Edwards) (Paris) à Marie Mertzdorff (épouse de Marcel de Fréville) (en voyage de noces à Launay-Nogent-le-Rotrou) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Jeudi_15_avril_1880&oldid=39851 (accédée le 15 août 2022).

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