Jeudi - août 1863

De Une correspondance familiale


Lettre d’Eugénie Desnoyers (Montmorency) à sa sœur Aglaé, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris)


Original de la lettre 1863-08-jeudi-pages1-4.jpg Original de la lettre 1863-08-jeudi-pages2-3.jpg


Jeudi[1]

11 h ½

Je veux te dire un petit bonsoir avant de me coucher, ma Chérie, car je crains demain de ne pouvoir pas te dire bonjour avant le départ de papa[2]. Tu as dû être bien mal à ton aise par ces chaleurs, et un petit somme dans la journée devrait t’être de secours pour t’aider à supporter les 34 degrés.

Maman[3] a été assez fatiguée mais aujourd’hui elle me paraît mieux, il lui faut toujours ne pas bouger. Notre Julien[4] a mal aux dents, le pauvre garçon n’a pas bien dormi la nuit dernière, et en montant se coucher il se plaignait encore, cela ne l’aide pas pour se préparer à son examen ; espérons que ça ne va pas durer. Et ton mari comment est-il de son œil ? N’est-il pas bien fatigué de la chaleur, c’est le refrain de chacun ; pour ma part j’avoue que je l’étais bien en revenant de Paris, ce soir je commence à me remettre. J’ai trouvé Mme Clavery[5] ici, elle est de bonne humeur, Paul[6] est venu ce soir, ils partiront demain ou après-demain. Je n’ai pas besoin de te dire comment se passent nos journées, tu nous vois installées dans la chambre de maman, travaillant, lisant, dessinant alternativement ; j’ai commencé à me servir des petits cartons que m’a faits mon charmant beau-frère[7] ; je continuerai mes rangements Jeudi et Dimanche, c’est une occupation que j’ai conservée pour les fêtes.

Mais en voilà bien long pour rien du tout, ce que je veux te dire, ma petite Gla c’est que je pense beaucoup à toi et que je voudrais te voir tout à fait remise. Comment te trouves-tu ? écris-nous. Tu auras très probablement ma visite Mardi.

Tu ne dois pas t’expliquer comment nous sommes encore debout à près de Minuit. Nous avons dîné tard, on m’a fait faire de la musique et papa a lu. Je joins à ma lettre une petite bête que Paul a trouvée dans des papiers arrivant de Calcutta et qu’il a rapportée à l’intention des Naturalistes de la famille.

Adieu, ma petite Gla, je t’embrasse bien fort, bonne nuit.

ED

Je n’ai pas entendu parler des Desmanèches, veux-tu que j’envoie, ou que j’aille savoir des nouvelles d’Amélie[8] ? je ne sais si son père[9] est arrivé.


Notes

  1. Il s’agit possiblement du jeudi 20 août : cette lettre non datée se situe avant la visite d’Amélie Desmanèches, annoncée dans la lettre suivante du vendredi.
  2. Jules Desnoyers.
  3. Jeanne Target, épouse de Jules Desnoyers.
  4. Julien Desnoyers, frère d’Eugénie et Aglaé.
  5. Amica Le Roy de Lisa, veuve d’Amédée Clavery.
  6. Paul Clavery, fils de la précédente.
  7. Alphonse Milne-Edwards, époux d’Aglaé Desnoyers.
  8. Amélie Desmanèches, épouse d’Emile Delapalme.
  9. Auguste Desmanèches.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Jeudi - août 1863. Lettre d’Eugénie Desnoyers (Montmorency) à sa sœur Aglaé, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Jeudi_-_ao%C3%BBt_1863&oldid=56531 (accédée le 2 octobre 2022).

D'autres formats de citation sont disponibles sur la page page dédiée.