Dimanche 3 mai 1874

De Une correspondance familiale

Lettre de Marie Mertzdorff (Paris) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann)


ECOLE PRATIQUE DES HAUTES ETUDES

ZOOLOGIE[1]

Paris 3 Mai 1874 (Dimanche)

Mon Père chéri,

J'espère que sur ce beau papier je ne vais avoir que des choses remarquables à écrire. Je suis dans la bibliothèque et je viens de faire de grands rangements de cahiers, livres, car nous allons sous peu entrer en vacances mercredi prochain. C'est le dernier cours[2] sérieux et pour la réunion qui précède les prix on ne fait qu'un concours de récitation. Je me réjouis assez d'avoir ma liberté mais je crains fort pour mon accessit. Hier à 1h nous avions une réunion chez Mme Charrier[3] pour celles qui avaient été le soir à la retraite nous étions cinq pour parler du système métrique de vive voix et j'ai eu la bêtise de manquer je n'ai pas compris du tout ma question et à l'heure qu'il est je ne l'ai pas encore comprise. En sortant nous avons été chez Marie Des Cloizeaux avec laquelle nous avons passé 1h ½ nous nous sommes parfaitement amusées et elle m'a dit que Mercredi <soir> tout le monde avait bien répondu.

Si je ne t'ai pas donné des nouvelles d'Emilie[4] dans ma dernière lettre c'est qu'elle va parfaitement bien son rhume est complètement passé.

Nous avons reçu ce matin ta bonne lettre qui nous a fait bien plaisir on attend toujours avec grande impatience tes nouvelles. Ici je crois que rien n'est encore en danger mais c'est affreux pour cette pauvre Alsace.

Nous allons aller aux vêpres tout le monde est ici c'est-à-dire tante Cécile[5] et tante Louise[6] aussi je ne sais trop ce que je t'écris. J'espère qu'à Vieux-Thann les enfants ont beau temps pour la 1ère communion. Il y aura Mardi 2 ans que j'ai fait la mienne comme le temps passe ! Encore 32 jours jusqu'au 4 Juin. Les catéchismes continuent toujours, aussi je crois que peu ne sera pas fâchée d'être en vacance du cours.

Il n'y a toujours rien de positif relativement au voyage des cousines[7] seulement on a trouvé une autre organisation tante[8] donnera sa chambre <à M. Edwards[9]> elle couchera dans le <fond> et les cousines auront la grande <chambre> de sorte que nous resterons tranquillement <en haut> Si elles viennent <on ira plus tôt>. Emilie <> oncle Léon[10] à sa 1ère communion ainsi je crois qu'elle va l'y inviter par écrit.

Ce matin après la messe nous nous sommes promenées dans la ménagerie[11]. Puis vers midi Founi a été chez Mme Pavet[12].

Depuis quelques jours oncle[13] est un peu fatigué cependant aujourd'hui il paraît bien.

Adieu mon père chéri, on m'attend depuis fort longtemps je t'embrasse bien bien fort en te priant de répandre mes caresses sur tous ceux que j'aime

ta fille Marie


Notes

  1. En-tête imprimé.
  2. Cours Boblet-Charrier.
  3. Caroline Boblet, veuve d’Edouard Charrier.
  4. Emilie Mertzdorff (« Founi »), sœur de Marie.
  5. Cécile Milne-Edwards, épouse d’Ernest Charles Jean Baptiste Dumas.
  6. Louise Milne-Edwards, veuve de Daniel Pavet de Courteille.
  7. Amélie Masterson et sa sœur, cousines anglaises.
  8. Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards.
  9. Henri Milne-Edwards.
  10. Léon Duméril.
  11. La ménagerie du Jardin des plantes.
  12. Louise Milne-Edwards, veuve de Daniel Pavet de Courteille (plutôt que sa belle-mère Sophie Silvestre de Sacy, veuve de Charles Pavet de Courteille).
  13. Alphonse Milne-Edwards.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Dimanche 3 mai 1874. Lettre de Marie Mertzdorff (Paris) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Dimanche_3_mai_1874&oldid=39617 (accédée le 13 août 2022).

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