Dimanche 31 janvier 1864

De Une correspondance familiale

Lettre de Charles Mertzdorff (Paris) à sa fille aînée Marie (Vieux-Thann)

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Ma chère Mimi

Je viens t'embrasser et te dire que Marraine[1] est bien impatiente de te voir pour embrasser cette grande fille dont je lui parle si souvent.

J'ai dit à Marraine que tu l'aimais bien, aussi veut-elle que tu viennes bientôt la voir à Paris avec ta petite sœur Emilie[2]. Tu coucheras dans la chambre de petite Marraine et dans le grand lit de tante Aglaé[3]. La petite sœur aura aussi un lit à côté du tien.

J'ai dit à Marraine que tu t'en réjouissais beaucoup et que dès qu'il ferait beau temps, nous viendrons tous à Paris, que vous serez toujours très sages.

Tante Adèle[4] sera aussi bien contente de vous embrasser.

Jeudi matin je pense arriver à la maison et je serai bien content d'être avec mes petites filles que je ne quitterai plus puisqu'elles viendront avec moi à Paris pour chercher petite Marraine qui viendra avec à la maison pour rester avec ses petites filles, qu'elle aime tant. Elle sera ta petite Maman et aussi la petite Maman de la chère petite Founie.

Tu seras bien heureuse d'avoir une petite maman qui t'aimera bien et qui sera aussi bonne que petite mère chérie qui est au ciel[5].

Tu embrasseras bien pour moi Gribouille, tu n'oublieras pas de donner un gros baiser à grand-Maman[6].

Tu diras à Cécile[7] qu'elle peut faire acheter des Oranges à Mulhouse où j'ai vu des charrettes remplies et que l'on vendait à deux sous.

Si le Jambon n'est pas arrivé, Kohler peut le prendre chez le charcutier qui demeure au Lion Rouge à Mulhouse.

Je t'embrasse bien

ton papa qui t'aime toujours

CHARLES

Dimanche Matin


Notes

  1. Eugénie Desnoyers, marraine de Marie et bientôt seconde épouse de Charles Mertzdorff, veuf de Caroline Duméril.
  2. Emilie (Founie, Gribouille) Mertzdorff.
  3. Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards et sœur d’Eugénie.
  4. Adèle Duméril, cousine.
  5. Caroline Duméril.
  6. Probablement Marie Anne Heuchel, veuve de Pierre Mertzdorff, plutôt que l’autre grand-mère Félicité Duméril dont l’époux Louis Daniel Constant Duméril serait alors cité.
  7. Cécile, bonne des fillettes.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Dimanche 31 janvier 1864. Lettre de Charles Mertzdorff (Paris) à sa fille aînée Marie (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Dimanche_31_janvier_1864&oldid=39644 (accédée le 5 octobre 2022).

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