Dimanche 23 septembre 1877

De Une correspondance familiale

Lettre de Félicité Duméril, épouse de Louis Daniel Constant Duméril (Vieux-Thann) à Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Cannes)

original de la lettre 1877-09-23 pages 1-4.jpg original de la lettre 1877-08-23 pages 2-3.jpg


Vieux-Thann 23 7bre 1877.

Ma bien chère Aglaé,

Ta bonne lettre venue immédiatement après celle de ma petite Marie[1] nous donne les meilleurs détails sur votre vie à Cannes. Dans l’éloignement il est si bon de recevoir des lettres, de pouvoir suivre les chers voyageurs dans leurs mouvements et d’apprendre que le voyage a donné force et santé à ceux qui étaient un peu fatigués. Loin de Paris, il a bien fallu que tu prennes quelque repos, que monsieur Alphonse[2] et Madame Dumas[3] souvent trop rebelles aux soins à prendre, soient dans ce moment forcés de s’y soumettre, ce dont se réjouissent leurs amis. Marie et Emilie[4] nous ont écrit de charmantes lettres, nous tenant au courant de l’impression que leur a faite la visite aux Chartreuses et celle des deux villes d’Italie qu’elles ont parcourues avec leur bon père[5] ; à présent ces chères enfants sont heureuses des bains de mer qu’elles prennent en compagnie de leur fidèle petit Jean[6] que j’embrasse tendrement.

Ici ma bonne Aglaé, nous allons bien, Marie Duméril[7] a meilleure mine, elle s’occupe avec le plus grand intérêt de l’organisation de son appartement, elle nous a reçus à dîner Dimanche dernier avec M. et Mme Miquey[8], Madame Fillat[9] et Mlles Bernard[10], nous étions onze à table, tout a été fort bien, et chacun de nous était bien content de cette réunion, on est allé prendre le café au billard, puis on s’est promené par groupes dans le jardin jusqu’à l’heure du départ. Madame Miquey m’a encore parlé de son vif regret de ne t’avoir pas vu avec nos fillettes à ton dernier voyage en Alsace. Je ne puis assez te dire combien Madame Stackler[11] est remarquablement douée de toutes manières, j’ai pu la juger dans ces derniers temps, puis ce que j’apprécie encore beaucoup en elle, c’est une grande modestie, elle fait beaucoup de choses en conservant une action cachée pour ainsi dire. Dans ta dernière lettre tu ne me parles pas de tes chers parents[12], je pense qu’ils sont à Launay, résidence toujours favorable à leur santé, quand tu leur écriras, fais leur, je te prie, nos meilleures amitiés. Avant-hier j’ai reçu des bonnes nouvelles de Flers[13], on va bien, le séjour à Granville a parfaitement réussi. Je ne puis assez remercier ma sœur[14] de tous les détails qu’elle nous donne sur la famille, cette chère sœur nous tient au courant de tout et pousse la bonté jusqu’à nous copier les lettres qu’elle reçoit soit de nos parents, soit de nos amis. Adieu chère et bonne Aglaé je te quitte pour aller faire une promenade avec mon mari[15], le temps est beau mais froid, hier nous avons fait du feu.

J’embrasse bien fort la bonne tante, nos chères petites, Madame Dumas, petit Jean et j’embrasse je te prie de nous rappeler au bon souvenir de ces messieurs[16]. Marie[17] est partie hier pour Mulhouse d’où elle reviendra Mardi
Madame Stackler fera je crois son déménagement le mois prochain. Marie reste à Mulhouse jusqu’à Mardi parce qu’elle a plusieurs ustensiles à acheter pour le complément de ses fourneaux qui viennent d’être posés.
En voyant agir MmeStackler qui fait les choses si bien et si facilement je pensais à toi ma bonne Aglaé qui travailles de même.
Cécile[18] est partie pour Paris Jeudi dernier et a pris la jupe noire que tu avais laissée chez Charles[19].


Notes

  1. Marie Mertzdorff, petite-fille de Félicité Duméril.
  2. Alphonse Milne-Edwards.
  3. Cécile Milne-Edwards, épouse d’Ernest Charles Jean Baptiste Dumas.
  4. Marie et Emilie Mertzdorff (« nos fillettes », « nos chères petites »).
  5. Charles Mertzdorff.
  6. Jean Dumas.
  7. Marie Stackler, épouse de Léon Duméril.
  8. Étienne Miquey et son épouse Joséphine Fillat.
  9. Marie Thérèse Hemann, veuve de François Antoine Fillat.
  10. Probablement Elisa Louise et Marie Bernard.
  11. Marie Stéphanie Hertzog, veuve de Xavier Stackler.
  12. Jules Desnoyers et son épouse Jeanne Target.
  13. Flers où habitent Félix Soleil, son épouse Adèle Duméril et leurs enfants.
  14. Eugénie Duméril, veuve d’Auguste Duméril.
  15. Louis Daniel Constant Duméril.
  16. Alphonse Milne-Edwards et Charles Mertzdorff.
  17. Marie Stackler, épouse de Léon Duméril.
  18. Possiblement Cécile Besançon, bonne des demoiselles Mertzdorff.
  19. Charles Mertzdorff.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Dimanche 23 septembre 1877. Lettre de Félicité Duméril, épouse de Louis Daniel Constant Duméril (Vieux-Thann) à Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Cannes) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Dimanche_23_septembre_1877&oldid=42782 (accédée le 17 août 2022).

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