Vendredi 8 août 1856

De Une correspondance familiale

Lettre de Caroline Duméril (Trouville) à son père Louis Daniel Constant (Paris)

Original de la lettre 1856-08-08.jpg


Trouville 8 Août

Mon cher papa[1],

Je profite de ce que léon[2] t’écrit pour t’écrire aussi quelques mots ; jusqu’à présent j’ai bien regretté de ne pouvoir le faire mais tout mon temps est pris (fort agréablement). Nous avons fait hier une promenade charmante à âne nous sommes allés à un petit endroit nommé Henneques Villerville[3], qui est situé entre Trouville et Villerville mais beaucoup plus près de ce dernier village que du premier de sorte que notre promenade a été à peu près de deux lieues à trois lieues. Nous prenons à présent nos bains de mer d’un quart d’heure et ce pauvre Léon quoique ayant très froid veut toujours y rester. Adèle[4] commence à s’y habituer et ma tante[5] en est enchantée. Quoique les hommes ne se baignent pas avec les dames ensemble mon oncle[6] prend son bain avec nous ce qui nous empêche d’avoir besoin d’un baigneur, aujourd’hui nous ne pourrons aller à la mer qu’à une heure ce qui est contrariant car nous ne pouvons guère nous promener après. Je n’ai pas encore parlé d’une chose qui nous a beaucoup frappés c’est que toutes les femmes Normandes portent des bonnets de coton comme les hommes de sorte que si on voyait deux têtes par derrière sans voir le corps on ne pourrait reconnaître le sexe de l’un ou de l’autre. Adieu mon cher papa je suis obligée de te quitter pour aller faire les préparatifs pour le bain et voir si nos costumes sont bien secs. Adieu mon cher papa je t’embrasse comme je t’aime.

Ta petite fille

C. Duméril

L’air de la mer est si fortifiant que tout le monde engraisse même < > les puces qui sont énormes dans ce pays.


Notes

  1. Louis Daniel Constant Duméril.
  2. Léon Duméril, frère de Caroline.
  3. En 1847, Hennequeville a cessé d'être une commune indépendante et a été rattaché à celle de Trouville-sur-Mer.
  4. Adèle Duméril, cousine de Caroline.
  5. Eugénie Duméril, mère d’Adèle.
  6. Auguste Duméril, père d’Adèle.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Vendredi 8 août 1856. Lettre de Caroline Duméril (Trouville) à son père Louis Daniel Constant (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Vendredi_8_ao%C3%BBt_1856&oldid=36096 (accédée le 13 août 2022).

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