Vendredi 6 août 1886

De Une correspondance familiale

Lettre de Marthe Pavet de Courteille (Mesnières en Seine-Maritime), à Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (en villégiature au bord de la mer)


Fs1886-08-06 pages1-4 Marthe.jpg Fs1886-08-06 pages2-3 Marthe.jpg


6 Août 1886[1]

Ma bonne petite Marie, quel plaisir j’éprouverais si je pouvais faire une petite échappée vers toi pour te raconter comme je suis contente ! Je suis si sûre que Marcel[2] et toi, vous prendriez une vive part à ma joie que je regrette de ne pouvoir aller vous trouver autrement que par lettre. La Gandonnière est achetée ; Oncle[3], muni de nos pleins pouvoirs, a tout mené au gré de nos désirs, et me voilà l’heureuse propriétaire de l’objet de mes rêves. Comprends, ma petite Marie chérie, ce qui me rend si heureuse dans tout [cela] c’est cette si [grande] certitude que je puis avoir maintenant de voir plus tard se continuer nos bonnes réunions de famille. La dispersion [aujourd’hui est] complète : Launay et La Gandonnière formeront un centre qui attirera, j’espère, de plus en plus, et [ainsi on] pourra se retrouver au complet.

Cette proximité de Paris, qui rend les allées et venues si faciles, me fait espérer qu’il n’y aura jamais de longue séparation. Enfin, je me sens comblée au-delà de mes espérances et j’ai besoin de partager avec toi, ma chère grande sœur, une joie que tu comprendras plus par la pensée [   ] que tu aurais éprouvée [ ] en pourrais dire. J.[4] ne sait toujours rien ; il s’en faut de si peu de jours pour que nous nous retrouvions, que je crois que nous ne lui écrirons rien, afin d’avoir le plaisir de lui annoncer de vive-voix cette bonne nouvelle et de jouir de sa surprise. Maman[5] et moi sommes venues passer quelques jours avec mes frères[6]. Nous retournerons demain à Paris en emmenant André qui doit servir de petit compagnon à Maman pendant notre absence . Il est enchanté de cette combinaison et continue d’être aussi affectueux que par le passé. Adieu, ma petite Marie chérie, je t’embrasse bien tendrement ainsi que les petits chéris[7] et j’envoie à Marcel une affectueuse poignée de main accompagnée d’une image !!! Quel enfantillage n’est-ce pas ? Que veux-tu ? malgré tout le sérieux que l'on pourrai [s'attendre à] trouver à une [ ] [nouvelle] propriétaire [ ] je me sens aussi enfant que si je venais de rajeunir de 10 ans. Soyons joyeux puisque la joie est un magnifique hommage rendu à la bonté de Dieu. Marcel trouvera cette devise à son goût et je ne vois pas pourquoi elle ne serait pas aussi du mien.

Je pense qu’Henriette[8] n’est plus avec vous, cependant si elle n’était pas encore partie, je te charge de l’embrasser de ma part. Maman t’envoie ses meilleures amitiés,

Marthe


Notes

  1. Lettre sur papier deuil.
  2. Marcel de Fréville, époux de Marie Mertzdorff.
  3. Alphonse Milne-Edwards.
  4. Jean Dumas.
  5. Louise Milne-Edwards, veuve de Daniel Pavet de Courteille.
  6. Alphonse et André Pavet de Courteille, en pension à Mesnières (Seine-Maritime).
  7. Les trois enfants de Marie : Jeanne, Robert et Charles de Fréville.
  8. Probablement Henriette Baudrillart, épouse d'Albert David-Sauvageot.

Notice bibliographique

D’après l’original.


Pour citer cette page

« Vendredi 6 août 1886. Lettre de Marthe Pavet de Courteille (Mesnières en Seine-Maritime), à Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (en villégiature au bord de la mer) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Vendredi_6_ao%C3%BBt_1886&oldid=51386 (accédée le 3 février 2023).

D'autres formats de citation sont disponibles sur la page page dédiée.