Vendredi 22 août 1856

De Une correspondance familiale

Lettre de Léon Duméril (Trouville) à sa sœur Caroline Duméril (Paris)

original de la lettre 1856-08-22.jpg


Trouville s/M. 22 Août 1856

Ma chère Caroline j’ai reçu ce matin ta bonne lettre dans laquelle je vois que tu sais apprécier ma vertu à sa juste valeur, je t’en remercie beaucoup et te prie de t’en faire une idée beaucoup plus haute qu’elle ne l’est réellement.

Nous revenons maintenant au matériel de la vie champêtre. Ce matin après avoir bien déjeuné, nous sommes partis vers 12 h ½ pour l’ancien télégraphe que nous avons gagné par la hauteur jusqu’à l’église de Hennequeville où nous avons pris le petit sentier du <lavoir>. En y passant, j’ai remarqué la place où nous nous étions assis l’année dernière avec mon oncle[1] et nous nous y rassîmes encore aujourd’hui. <[2] > pendant que nous admirions l’admirable point de vue, était devant moi et selon une intelligence qu’elle m’a point encore abandonnée, elle flairait avec acharnement dans les hautes herbes qui rappelaient le jardin de M. le curé < > jusqu’au cou, et reniflant une < > (ce qui indique qu’elle s’amuse beaucoup dans ces hautes herbes) nous nous en allâmes promptement sur la pointe du pied, rien n’égale alors son effroi quand après avoir sorti la tête de cet abîme et frotté ses yeux elle ne vit plus sa petite maman à côté de sa grosse petite personne. Elle dut se dire que c’était une mauvaise farce car elle fut obligée avec ses petites baguettes de tambour de remonter au grand galop une bonne partie du chemin rocailleux ce qui lui causa dans la suite de fréquentes < >. Nous sommes revenus ensuite à la maison et avons pris un bain excellent.

Mon oncle pourrait-il avoir l’obligeance de ne pas oublier la canne du filet et mon caleçon de bain.

Tout à toi

Léon Duméril


Notes

  1. Auguste Duméril. Léon a passé un mois à Trouville à la fin de l’été 1855 avec son oncle, sa tante Eugénie et leur fille Adèle (née en 1844).
  2. Possiblement un surnom d’Adèle.

Notice bibliographique

D’après l’original.

Pour citer cette page

« Vendredi 22 août 1856. Lettre de Léon Duméril (Trouville) à sa sœur Caroline Duméril (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Vendredi_22_ao%C3%BBt_1856&oldid=35892 (accédée le 9 août 2022).

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