Samedi 21 décembre 1811

De Une correspondance familiale

Lettre d’Alphonsine Delaroche (Paris) à son beau-père François Jean Charles Duméril (Amiens)

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N° 209

Paris 21 Décembre 1811

Mon très cher Papa

Je ne veux pas vous envoyer cette la petite bourse de mon ouvrage que mon beau-frère[1] vous remettra sans le charger aussi de quelques lignes pour vous faire mes excuses d'avoir autant tardé à la faire, puisque vous aviez la bonté de mettre quelque prix à avoir cette bagatelle de ma façon ; vous trouverez peut-être la couleur un peu sérieuse, mais ce sera solide, et c'est fort la mode maintenant pour les messieurs. J'espère bien que vous vous en servirez toujours, afin que vous soyez forcé de penser souvent à moi ; au reste mon très cher Papa, l'attachement Paternel que vous me témoignez dans chaque occasion, ne me laisse pas douter que ne je sois fréquemment présente à votre esprit, et ce n'est sûrement pas sans avoir le cœur serré que vous pensez à la charmante enfant[2] que nous regrettons tous, et dont la privation me cause une douleur trop vive et trop profonde pour la pouvoir exprimer. Mais toutes les larmes que je verse à cause d'elle, ne m'empêchent pas de sentir combien nous sommes heureux d'avoir un enfant d'un naturel aussi bon et aussi aimable que celui de notre cher petit Constant[3]. En même temps que son physique est aussi bien que et aussi fort que nous puissions le désirer, il se développe beaucoup au moral et il se souvient très bien de son bon Papa Duméril qui aura j'espère en lui un petit-fils attaché et respectueux.

Nous espérons que vous êtes tous en bonne santé. Notre chère maman[4] aura été bien peinée du chagrin de sa sœur Madame Quevauvillers[5] et auquel nous avons pris beaucoup de part. Peut-être cet événement lui aura-t-il occasionné un petit voyage à Oisemont pour porter à notre tante les consolations qui sont si douces de la part d'une sœur.

Vous aurez le chagrin de ne voir votre fils Auguste qu'en passage mais vous aurez appris avec plaisir qu'il a obtenu ce qui a fait le but de son voyage.

Vous savez que votre fils Constant[6] est revenu très bien portant de son voyage. Maintenant il a de l'occupation par-dessus les yeux mais ne s'en trouve pas mal pour sa santé. Veuillez présenter nos amitiés à mon beau-frère et à ma belle-sœur, et recevoir mon cher Papa, ainsi que notre chère maman l'expression de notre respectueux attachement.

A.D.


Notes

  1. Auguste Duméril (l’aîné), frère d’André Marie Constant.
  2. Sa fille Caroline Duméril (l’aînée), morte début septembre.
  3. Louis Daniel Constant Duméril.
  4. Rosalie Duval.
  5. Geneviève Duval vient de perdre son mari Antoine de Quevauvillers.
  6. André Marie Constant Duméril.

Notice bibliographique

D’après l’original (il existe également une copie dans le livre des Lettres de Monsieur Constant Duméril, 3ème volume, p. 76-77)

Annexe

A Monsieur

Monsieur Duméril père

à Amiens

Pour citer cette page

« Samedi 21 décembre 1811. Lettre d’Alphonsine Delaroche (Paris) à son beau-père François Jean Charles Duméril (Amiens) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Samedi_21_d%C3%A9cembre_1811&oldid=35464 (accédée le 17 août 2022).

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