Mercredi 3 mai 1843

De Une correspondance familiale

Lettre d’Auguste Duméril (Paris) à sa belle-sœur Félicité Duméril (Lille)


d’André Auguste Duméril.

3 Mai 1843.

Je profite de ce que Constant[1] vous écrit, ma chère et bonne sœur, pour vous prier de vouloir bien être mon interprète auprès de cette chère Eugénie, auprès de qui je viens de passer de si bons moments, et qui m’ont semblé si courts. Dites-lui, je vous prie, combien je m’estimerai heureux, si je puis aller la rejoindre un peu avant le jour fixé pour le départ général[2] : mais cela va dépendre de bien des circonstances, dont je ne suis pas le maître : elle sait bien que si j’avais pu ne pas la quitter, et rester là, pour la consoler, je l’eusse fait bien volontiers. Mais il me fallait revenir auprès de M. Flourens[3], à qui je l’avais promis, et puis, j’ai encore bien des choses à faire. Je vois que maman[4] est assez aise de me sentir de retour ; peut-être serai-je nécessaire jusqu’au jeudi, sinon, je partirais le mardi 9. Ce seraient deux bons jours gagnés, mais, encore une fois, je ne puis encore rien décider : j’écrirai la résolution que j’aurai prise. D’ici-là, tous les moments où ma pensée ne sera pas forcément détournée de son objet chéri, seront consacrés à Lille, où je viens d’être si heureux, en appréciant de plus en plus combien est parfaite ma charmante cousine.

Je souhaite bien vivement que le bon effet produit sur ma tante[5], par la visite à l’abbé Bernard se maintienne ; mais je n’ose guère y compter. Assurez bien ma bonne Eugénie qu’une fois les pénibles scènes de Lille passées, je n’y songe plus que pour la plaindre d’y être si souvent exposée. J’ai cherché à exprimer de mon mieux à mes parents[6] les expressions de tendresse dont Eugénie m’avait chargé : ils y ont été très sensibles.

Tâchez, ma chère sœur, de faire faire à Hortense plus de choses que vous ne lui en laissez faire : vote santé s’en trouvera bien. Je vous embrasse de tout mon cœur, et vous prie de vouloir bien donner à votre bonne petite sœur deux bons baisers, de la part de son affectionné cousin et tendre fiancé.

A Aug. Duméril.

Mon voyage s’est fait très heureusement, et la lecture m’a empêché de le trouver long.


Notes

  1. Louis Daniel Constant Duméril, frère d’Auguste, écrit à son épouse Félicité Duméril, qui est restée à Lille auprès de ses parents et de sa sœur Eugénie.
  2. Départ de Paris pour Lille, où Auguste Duméril et sa cousine Eugénie doivent se marier.
  3. Pierre Flourens est professeur au Muséum ; Auguste Duméril est son assistant.
  4. Alphonsine Delaroche.
  5. Alexandrine Cumont.
  6. André Marie Constant Duméril et Alphonsine Delaroche.

Notice bibliographique

D’après le livre de copies : lettres de Monsieur Auguste Duméril, 1er volume, p. 391-392

Pour citer cette page

« Mercredi 3 mai 1843. Lettre d’Auguste Duméril (Paris) à sa belle-sœur Félicité Duméril (Lille) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mercredi_3_mai_1843&oldid=35165 (accédée le 17 août 2022).

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