Mercredi 20 juillet 1881

De Une correspondance familiale

Lettre de Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Launay près de Nogent-le-Rotrou) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann)


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Mon cher Papa,

Quoique que tu aies eu de nos nouvelles hier par Émilie[2] et que je ne doute pas qu’elle t’ait mis parfaitement au courant de la petite vie douce et calme que nous menons ici[3], je ne résiste pas à prendre la plume aujourd’hui pour venir te demander après ma petite sœur si décidément tu ne vas pas venir un peu au milieu de nous ; nous serions si si heureuses. Oh ! viens, mon petit Père je t’en supplie ; si la pensée de nous voir ne suffit pas pense à Jeannette[4], à cette petite chérie qui est si changée depuis quelques semaines que tu ne la reconnaîtrais plus, songe que bientôt je vais toucher au terme de mon séjour ici ; Marcel[5] sera peut-être libre le 27 ou le 28 et nous ne tarderons pas beaucoup alors à nous acheminer vers Villers. Enfin mon bien cher Papa, réfléchis à ce désir si vif que nous avons de te voir, regarde tes affaires et si elles te le permettent un peu télégraphie-nous bien vite que tu prends le chemin de fer et que tu nous arrives. Le voyage de nuit en ce moment ne doit pas être désagréable ; on peut se payer une bonne petite fenêtre ouverte qu’on n’ose pas s’accorder chez soi je ne sais pourquoi. De Paris à Nogent la distance est vite franchie et là tu verrais à la gare tante[6], Émilie, Jeanne et sa maman te souhaitant la bienvenue. Tu verrais bébé essayant de prendre les choses, c’est un progrès nouveau et alors je te prierais de lui apporter mon beau hochet qui est dans notre armoire à joujoux de Vieux-Thann ; tu aurais ainsi le plai privilège de lui offrir son 1er jouet et je t’assure qu’elle y sera fort sensible. Ayant à moi ce bel objet je ne veux pas en acheter un même ordinaire.

On a toujours de bonnes nouvelles de bonne-maman Desnoyers[7]. Je ne pense pas qu’elle arrive ici avant l’extrême fin du mois. Les nouvelles d’oncle[8] sont également bonnes, il part de Marseille aujourd’hui pour les côtes du Portugal. Je reçois chaque jour un bon petit mot de mon cher Marcel, il commence comme moi à trouver le temps long.

Adieu mon bon petit Père chéri, je t’embrasse aussi tendrement que je t’aime.

ta fille Marie

Viens ! viens ! viens !!!       


Notes

  1. Date illisible.
  2. Émilie Mertzdorff, sœur de Marie.
  3. À Launay.
  4. Jeanne de Fréville.
  5. Marcel de Fréville.
  6. Aglaé Desnoyers, épouse d'Alphonse Milne-Edwards.
  7. Jeanne Target, épouse de Jules Desnoyers.
  8. Alphonse Milne-Edwards, qui participe à l'exploration scientifique du Travailleur.

Notice bibliographique

D’après l’original.

Pour citer cette page

« Mercredi 20 juillet 1881. Lettre de Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Launay près de Nogent-le-Rotrou) à son père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mercredi_20_juillet_1881&oldid=35035 (accédée le 27 septembre 2022).

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