Mercredi 11 mai 1831

De Une correspondance familiale

Lettre d’Auguste Duméril (Paris) à son cousin germain Henri Delaroche (Le Havre)

lettre du 11 mai 1831, recopiée livre 7 page 765.jpg lettre du 11 mai 1831, recopiée livre 7 page 766.jpg lettre du 11 mai 1831, recopiée livre 7 page 767.jpg


Paris ce 11 Mai 1831.

C’est en moitié d’amour, mon cher Henri, que je t’écris, car pour cause d’une petite rougeur à l’œil, qui m’empêche un peu de m’appliquer, et qui aujourd’hui me fait rester à la maison ; j’ai un bandeau sur l’œil gauche. J’ai pourtant voulu mettre à profit ce jour de congé extraordinaire, pour m’adresser à toi. Cela me fatiguera moins que toute autre écriture, parce que je pourrai cesser, lorsque j’en sentirai la nécessité, ce qui ne peut pas avoir lieu, lorsqu’on fait un devoir, que l’on doit remettre à jour fixe. Sans te gronder, mon cher Henri, je te dirai que j’ai trouvé que j’étais bien longtemps sans avoir le plaisir de recevoir de tes nouvelles ; mais j’ai su, d’après les détails que tu me donnes, sur tout ce que tu fais, que tu as beaucoup d’occupations. Je serai fort curieux de savoir si M. Merisse, qui, d’après ce qu’il t’enseigne, doit être un homme fort instruit, est ce même original qui a été à la pension comme répétiteur de mathématiques, et que les élèves disaient fort ignorant. Ce que tu me dis de Klose, par rapport aux engagements volontaires, ne m’étonne pas du tout : c’est complètement dans son caractère.

Eugène[1] te remercie beaucoup des amitiés dont tu me charges pour lui. Depuis que je t’ai écrit, il est allé faire un petit voyage dans son pays. Ce qui lui a fait grand plaisir, il est resté une quinzaine de jours près de son père[2], et il a passé le reste du temps, c’est-à-dire cinq ou six jours, soit à Amiens, soit à un village où il a un cousin notaire. Alphonse[3] était parti avec lui. Voilà la destinée de ce pauvre garçon, qui avait eu si peu de succès, dans sa première carrière, tout à fait changée : il quitte le commerce, il va travailler dans l’étude de ce notaire, son cousin ; ensuite il travaillera chez son oncle, à Auxi-le-Château, qui a une étude, et, peut-être un jour, Alphonse pourra-t-il avoir cette place.


Notes

  1. Eugène Defrance, dont la famille est originaire d’Auxi-le-Château (Pas-de-Calais).
  2. Louis Defrance.
  3. Alphonse Defrance, frère d’Eugène.

Notice bibliographique

D’après les « Lettres adressées par mon bon mari A. Auguste Duméril, à son cousin germain Henri Delaroche, du 30 Août 1830, au 6 Mai 1843 » in Lettres de Monsieur Auguste Duméril, p. 765-767

Pour citer cette page

« Mercredi 11 mai 1831. Lettre d’Auguste Duméril (Paris) à son cousin germain Henri Delaroche (Le Havre) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mercredi_11_mai_1831&oldid=41108 (accédée le 12 août 2022).

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