Mardi 9 juin 1857

De Une correspondance familiale

Lettre de Cécile Audouin (Paris) à son amie Eugénie Desnoyers (Montmorency)

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mardi 9 Juin 1857

Il est 11 h près de la demie, ma chère et bien aimée amie, Ma tante[1], Léonie[2], Alfred[3] et Ustazade[4] viennent de partir et je ne veux pas laisser passer ce dernier Mardi sans te faire une petite amitié mais qui j'espère t'arrivera bien tendre comme elle part. Nous avons passé (sauf 2 visites de famille) la journée à faire des billets d'invitations pour ce Mardi 16 qui est maintenant si près, nous n'avons plus qu'une ou deux toutes petites emplettes à faire et quelques visites d'amies intimes nous sommes donc bien en mesure. Alfred me donne ma corbeille d'une façon très amusante, chaque jour il me fait un cadeau, ils sont tous charmants et je m'habitue parfaitement à cette petite redevance quotidienne, j'aurai une quantité de jolies choses à vous montrer et je suis fort enchantée de mon appartement. Si tu étais là j'aurais bien des choses à te dire, enfin chère amie je vais bien, et je ne puis me figurer que dans huit jours je serai mariée ce qui fait que je ne suis nullement triste, seulement je tiens plus encore à ne pas quitter maman[5] et je m'attache plus encore à tant de choses qui vont changer ; Ce qui ne changera pas c'est l'affection que j'ai pour mes amies dont je sens encore plus le besoin et les preuves d'amitié de loin ou de près. Si tu m'aimes écris-moi. Je pense bien à toi chérie et je t'aime bien tendrement. Surtout ne prends pas ça pour une banalité on ne les écrit pas du reste à près de minuit et avec un si grand désir de voir et d'embrasser celle à qui l'on parle.

Fais bien nos amitiés à tous les habitants du cottage[6]. embrasse bien fort Aglaé[7] et toi chère amie prie bien le bon Dieu pour ta vieille amie Cécile qui t'aime tant et écris-lui bien vite.

Encore un baiser je n'en finirais plus si je ne me disais que plus je tarderais plus j'aurais de peine à te quitter. Encore 2 bons baisers bien bien tendres et à Mardi-

Cécile Audouin

L'adresse de Caroline[8] à Paris s'il te plaît.

Voilà une sotte lettre et pourtant je désirais bien l'écrire et j'ai passé un bon quart d'heure je t'assure je suis si contente de penser que tu es heureuse un peu n'est-ce pas aussi de revoir un peu ta Cécile qui t'aime tant et si tendrement.


Notes

  1. Possiblement une tante d'Alfred Silvestre de Sacy ou bien sa tante maternelle Hermine Brongniart, épouse de Jean Baptiste Dumas.
  2. Léonie non identifiée.
  3. Cécile Audouin est sur le point de se marier avec Alfred Silvestre de Sacy, fils de Samuel Ustazade Silvestre de Sacy (1801-1879).
  4. Ustazade II Silvestre de Sacy (1839-1918).
  5. Mathilde Brongniart, épouse de Jean Victor Audouin.
  6. A Montmorency.
  7. Aglaé Desnoyers, sœur d’Eugénie.
  8. Caroline Duméril.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Mardi 9 juin 1857. Lettre de Cécile Audouin (Paris) à son amie Eugénie Desnoyers (Montmorency) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mardi_9_juin_1857&oldid=41071 (accédée le 10 août 2022).

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