Mardi 1er novembre 1870 (B)

De Une correspondance familiale


Lettre de Marie Mertzdorff (à Morschwiller chez ses grands-parents) à sa mère Eugénie Desnoyers, épouse de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann)


original de la lettre 1870-11-01 B.jpg


Toussaint 9h ½

Chère maman,

je ne suis pas aussi triste que hier et je me suis très bien amusée. Je ne suis pas allée à la messe ce matin car on me l'avait défendu à cause du froid. on a voulu me laisser couchée mais comme je n'ai qu'un petit peu mal à la gorge en avalant je suis parvenue à me lever et suis descendue déjeuner avec bon-papa[1] qui m'a raconté des histoires de son grand-père M delaRoche[2] et puis nous avons regardé de vielles images. Enfin ces dames sont rentrées à 8 heures puis nous sommes montées j'ai lu ma messe puis sommes redescendues mais presque de suite remontées et nous sommes mises à lire enfin avons réfléchi que comme oncle Léon[3] part à 1h il valait mieux écrire ce matin au lieu de cet après-midi comme nous en avions le projet. Bonne-maman[4] colle son vin et tout à l'heure nous ferons des gâteaux de milan. Cécile[5] m'apporte mon eau de ronce ainsi que le miel rosat. Mais bonne-maman te fait dire qu'il est l'heure de faire la cuisine. à tout à l'heure

11h. nous avons terminé nos gâteaux mais <j’ai> les mains trop grasses je <commencerai> quand je serai habillée. voilà mes mains propres je puis donc encore un peu bavarder. Ces gâteaux m'ont l'air très bons. nous allons bientôt dîner et sommes admirablement bien installées dans notre chambre le soleil malgré le froid est très joli ce qui ne me fera cependant pas sortir. je viens de me gargariser une seconde fois. Emilie[6] lit j'ai bien du mal à salir mon papier. Là me voilà habillée nous avons nos robes maïs et nos chers médaillons cette nuit j'ai mis le mien sous mon traversin.

Bonne-maman vient d'annoncer qu'oncle Léon croque nos gâteaux mais bonne mère je crois que j'ai dit tout ce que je savais je t'embrasse donc comme je t'aime ainsi que mon cher papa[7]

ta petite fille qui t'aime de cœur.

Marie Mertzdorff

Cécile et bonne-maman te font dire mille amitiés.

Cécile dit que je suis très raisonnable en me gargarisant. Elle a acheté des timbres. Tâche de ramener mes amies[8].

Nous avons très bien dîné quoiqu'ayant un peu de peine à avaler.


Notes

  1. Louis Daniel Constant Duméril.
  2. Daniel Delaroche, grand-père maternel.
  3. Léon Duméril.
  4. Félicité Duméril, épouse de Louis Daniel Constant Duméril.
  5. Cécile, bonne des petites Mertzdorff.
  6. Emilie Mertzdorff, sœur de Marie.
  7. Charles Mertzdorff.
  8. Marie et Hélène Berger.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Mardi 1er novembre 1870 (B). Lettre de Marie Mertzdorff (à Morschwiller chez ses grands-parents) à sa mère Eugénie Desnoyers (épouse de Charles Mertzdorff) (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mardi_1er_novembre_1870_(B)&oldid=40798 (accédée le 11 août 2022).

D'autres formats de citation sont disponibles sur la page page dédiée.