Lundi 11 juillet 1887 (D)

De Une correspondance familiale

Lettre de Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris) à ses grand-parents Louis Daniel Constant et Félicité Duméril et sa tante Maris Stackler, épouse de Léon Duméril (Vieux-Thann)


Fs1887-07-11D pages1-4 Marie.jpg Fs1887-07-11D pages2-3 Marie.jpg


Merci chers grands-parents[1], chère petite tante Marie, de tout ce que vous nous avez dit de bon et d’affectueux, je sais combien vous partagez notre peine qui est si immense[2]. Nous ne pouvons croire encore à un malheur pareil, il nous semble impossible que cette tante chérie, notre bon ange, notre conseil, notre vie à tous, ne soit plus avec nous. Elle était si sainte et parfaite ! Sa maladie et sa mort ont tellement répondu à la sainteté et à la perfection de sa vie ! Pas un mot de plaintes, pas une parole sur elle, toujours son joli et cher sourire jusqu’au dernier instant s’adressant à tous.

Nous sommes partis hier soir à 5 heures quand tout a été fini et nous avons emmené notre pauvre oncle[3] pour qu’il échappe au bruit du 14 juillet. Cependant entre 2h et 4h Marcel[4] s’est entièrement a eu le temps de se consacrer à oncle Léon[5] et a tenté par tous les moyens possibles ce que nous désirions tant. Tout était arrangé, Marcel avait prévenu M. Empis[6] qui était resté chez lui même au-delà de l’heure de sa consultation. M. S.[7] lui avait écrit et nous croyons au succès, mais cela a été impossible, on a été en voiture jusqu’à sa porte mais rien rien n’a pu décider oncle L. à y entrer. Marcel a essayé de tous les moyens il lui a dit que c’était un désir de tante[8] et qu’il lui avait promis qu’on l’exécuterait, il lui a dit qu’il savait que pour vous ce serait un grand bonheur, que dans mon chagrin ce serait un vrai plaisir qu’il me ferait ; puis il a essayé de se fâcher, mais notre pauvre oncle a persisté à dire que cela lui était impossible en un jour comme celui-là. Marcel lui a proposé de différer son départ, d’attendre à aujourd’hui ou demain, mais cela a été inutile.

Cependant en finissant oncle L. lui a promis devant Dieu qu’il consulterait avant le 30 Août.

Je voulais vous dire cela bien vite, le facteur attend, surtout brûlez cette lettre. Je vous embrasse de tout mon cœur.

Marie


Notes

  1. Lettre sur papier deuil, en partie recopiée : voir la lettre du lundi 11 juillet 1887 (E).
  2. Aglaé Desnoyers, épouse d'Alphonse Milne-Edwards, est décédée le 10 juillet.
  3. Alphonse Milne-Edwards.
  4. Marcel de Fréville.
  5. Léon Duméril. Sa famille veut qu'il consulte un médecin.
  6. Le docteur Georges Simonis Empis.
  7. Le docteur Henri Stackler.
  8. Aglaé Desnoyers-Milne-Edwards.


Notice bibliographique

D’après l’original.

Pour citer cette page

« Lundi 11 juillet 1887 (D). Lettre de Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris) à ses grand-parents Louis Daniel Constant et Félicité Duméril et sa tante Maris Stackler, épouse de Léon Duméril (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Lundi_11_juillet_1887_(D)&oldid=40224 (accédée le 15 août 2022).

D'autres formats de citation sont disponibles sur la page page dédiée.