Jeudi 23 octobre 1879

De Une correspondance familiale

Lettre d’Aglaé Desnoyers (épouse d’Alphonse Milne-Edwards) (Paris) à Charles Mertzdorff (Vieux-Thann)

original de la lettre 1879-10-23 pages 1-4.jpg original de la lettre 1879-10-23 pages 2-3.jpg


Jeudi 23 Octobre

Mon cher Charles, ainsi que vous le savez par les 2 lignes griffonnées hier soir, Monsieur Gosselin[1] est venu voir Marie[2]. Il n’a pas trouvé de crépitation, et il a constaté qu’elle n’avait pas d’eau dans le genou. Il a regardé les 2 jambes à côté l’une de l’autre ; la cuisse gauche est certainement plus grosse que la droite ; mais cela existe peut-être depuis longtemps. Il a conseillé de mettre une genouillère élastique ; et puisqu’elle se trouvait beaucoup mieux il a permis qu’elle marche un peu tant qu’elle ne boiterait pas et ne souffrirait pas. Elle a de suite profité de la permission pour venir dîner, et ce matin elle a déjeuné avec nous ; le reste du temps, elle conserve sa position horizontale, car avant tout il ne faut pas vouloir aller trop vite ; du reste elle est très raisonnable et ne demande pas à se promener, elle sent que le repos lui est encore nécessaire ; ses les membres de Marie sont si forts qu’il est assez difficile de se rendre compte du changement. En somme elle va mieux, sans être encore tout à fait bien car elle s’aperçoit aujourd’hui du petit excès qu’elle a fait, non qu’elle sente des douleurs vives, mais elle sent par moment un peu de fatigue dans la jambe, tantôt près du pied, tantôt dans la cuisse ; mais tout cela fort légèrement ; je ne vous en parle que parce que je tiens à ce que vous soyez parfaitement au courant de tout ce que la chère enfant éprouve absolument comme si vous étiez à côté d’elle. Ce soir elle ne descendra pas, nous préférons exagérer les précautions que de la fatiguer.

Ce que je puis vous dire en toute sincérité, c’est qu’il est impossible d’être plus gentille qu’elle ne l’est, gaie, aimable, ne se plaignant pas de rester tranquille, ne s’ennuyant pas et s’occupant toujours. Elle mange parfaitement. Elle vous écrira elle-même demain, elle vous embrasse ainsi que la petite Emilie[3] bien tendrement.

Croyez, mon cher Charles à nos sentiments les plus affectueux et dévoués.
AME


Notes

  1. Le docteur Léon Gosselin.
  2. Marie Mertzdorff, fille de Charles.
  3. Emilie Mertzdorff, sœur de Marie.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Jeudi 23 octobre 1879. Lettre d’Aglaé Desnoyers (épouse d’Alphonse Milne-Edwards) (Paris) à Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Jeudi_23_octobre_1879&oldid=39990 (accédée le 12 août 2022).

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