Jeudi 13 septembre 1888

De Une correspondance familiale


Lettre de Cécile Milne-Edwards, épouse d'Ernest Charles Jean Baptiste Dumas (Paris) à Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Le Houssay dans l'Orne)


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13 Septembre 88[1]

C’est la reconnaissance de l’estomac qui me pousse aujourd’hui à t’écrire, ma chère enfant, car enfin, après avoir dévoré comme nous l’avons fait une excellente langouste arrivée en parfait état, c’est bien le moins de dire Merci aux aimables gens qui me l’ont fait expédier. Voici donc mon devoir accompli, devoir très agréable du reste, car tu te diras : Il faut pourtant que je réponde à cette pauvre Tante Cécile & j’aurai le plaisir de recevoir une de ces gentilles lettres que j’aime tant. Ton mari[2] a-t-il trouvé ce que vous désirez comme installation d’automne, c’est une saison où on est plus exigeant que pendant l’été, on a besoin alors d’avoir quelque chose ressemblant un peu à un chez-soi, un campement ne suffit pas.

J’ai vu que ton oncle[3] Lundi & Mardi, il m’a semblé avoir moins mauvaise mine que la semaine dernière, ce qui n’est pas encore beaucoup dire malheureusement, il assure que Marthe[4] est plus alerte qu’elle ne l’était à la fin d’Août, cela se prolonge trop. C’est le pendant de la naissance de Charles[5] & je suppose qu’elle, sa mère[6] & son mari doivent être un peu énervés de cette longue attente. De mon côté je voudrais bien que ce soit fini, mais c’est une des très nombreuses choses auxquelles on ne peut rien, il y en a vraiment trop. Enfin, nous avons un peu de soleil, même à Paris c’est agréable de voir un ciel bleu & on en [jouit pour] soi mais surtout pour ceux qui, à la campagne, en profitent doublement. Quelle [  ] pour les enfants[7] ! Adieu chère enfant, peut-être ne serai-je pas très longtemps sans te revoir. Si tu passes par Paris au retour du Houssay donne-moi signe de vie et j’irai t’embrasser au vol.

Mille choses bien affectueuses pour toi & ton mari.

CMEDumas

Si tu as quelque commission à donner, use de moi.

3h1/2. La dépêche de Launay[8] m’arrive enfin ! mais sauf le mot Bien je n’ai encore aucun détail cela va me paraître long jusqu’à demain matin.


Notes

  1. Lettre sur papier deuil.
  2. Marcel de Fréville.
  3. Alphonse Milne-Edwards.
  4. Marthe Pavet de Courteille, épouse de Jean Dumas, sur le point d'accoucher.
  5. Charles de Fréville est né à Nogent-le-Rotrou en juillet 1884.
  6. Louise Milne-Edwards, veuve de Daniel Pavet de Courteille.
  7. Les enfants de Marie : Jeanne, Robert, Charles et Marie Thérèse de Fréville.
  8. Dépêche annonçant la naissance de Cécile Dumas.

Notice bibliographique

D’après l’original.


Pour citer cette page

« Jeudi 13 septembre 1888. Lettre de Cécile Milne-Edwards, épouse d'Ernest Charles Jean Baptiste Dumas (Paris) à Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Le Houssay dans l'Orne) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Jeudi_13_septembre_1888&oldid=51357 (accédée le 20 août 2022).

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