Jeudi 12 mai 1881

De Une correspondance familiale



Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse d’Edgar Zaepffel (Nancy) à Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris)



Nancy le 12 Mai 1881

Ma toute chère nièce et petite nièce,

J’ai été bien contente d’avoir de tes nouvelles directement, quoique je savais par ton père[1] : que tu continuais à nourrir avec succès[2]. Te voilà bien fière ma chère Marie, tout en ne voulant entendre parler d’une fille. Je suis sûre que ta petite Jeanne est à présent aussi aimée que si c’était un petit Robert, d’abord les mamans ont bien plus d’agrément avec les filles qu’avec les garçons. Il me semble ma bonne petite te voir avec ton enfant et dans ton ménage, je comprends parfaitement ton bonheur.

15 jours l’oncle Edgar[3] n’a pas voulu quitter ma chambre.

Je serais très heureuse de voir ton Bébé qui est déjà grand, mais hélas ! je ne sais quand ce plaisir me sera réservé. Il paraît que vous irez une partie cet été en villégiature au bord de la mer je crois, ce sera très bon et fortifiant pour toi et ton Bébé.

Samedi prochain nous partirons pour Colmar, où je resterai une quinzaine de jours, ordonnance du médecin de changer d’air, seulement mon mari ne pouvant rester si longtemps absent en ce moment reviendra avant moi. Je ferai de suite arranger la maison, de manière à n’avoir qu’à me reposer quand cet été nous y arriverons avec nos Créoles, les Henri Zaepffel[4], qui sont en mer en ce moment pour venir en France, j’espère que leur séjour ne me fatiguera pas autant que la dernière fois, car je ne suis guère vaillante pour avoir du monde chez moi.

Par contre je me réjouis énormément de revoir ton père qui m’a écrit, qu’aussitôt à Colmar, il irait nous voir.

Les Eugène Zaepffel[5] sont chez Laure[6] où ils passeront quelques semaines, mon beau-frère est souvent bien haletant à nous donner des inquiétudes, le pauvre homme est bien changé, il a l’air si heureux quand il a la petite fille[7] près de lui, du reste cette petite devient gentille.

Très pressée je te quitte ma bonne Marie, parce que j’ai bien des choses à ranger et cependant je voulais t’écrire avant mon départ.

Ma chère enfant, je t’embrasse bien affectueusement ainsi qu’Émilie[8], et envoie mon meilleur souvenir à ton mari[9].

E. Zaepffel

Dernièrement j’ai vu ici Marie Verdelet[10] et je l’ai trouvée bien maigrie depuis que a sevré son petit garçon qui est son 3ème Bébé, je t’assure qu’elle a de la besogne.

L’oncle Edgar ne veut être oublié dans ma distribution d’affections à tous.         


Notes

  1.   Charles Mertzdorff.
  2. Marie Mertzdorff-de Fréville a accouché de Jeanne de Fréville le 19 mars 1881 – un petit Robert était attendu.
  3. Edgar Zaepffel.
  4. Henry Zaepffel, neveu d’Edgar, et son épouse Suzanne Claire Adélaïde Cassé.
  5. Eugène Zaepffel, frère d’Edgar et époux de Marie Bossu.
  6. Laure Zaepffel, épouse d’Henri Velin.
  7. Madeleine Velin, née en 1880.
  8. Émilie Mertzdorff, sœur de Marie.
  9. Marcel de Fréville.
  10. Marie Zaepffel, épouse de René Verdelet, et mère de Léon Louis, Adrienne et Émile Verdelet.

Notice bibliographique

D’après l’original.

Pour citer cette page

« Jeudi 12 mai 1881. Lettre d’Emilie Mertzdorff, épouse d’Edgar Zaepffel (Nancy) à Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Jeudi_12_mai_1881&oldid=54031 (accédée le 11 août 2022).

D'autres formats de citation sont disponibles sur la page page dédiée.