Dimanche 29 octobre 1865

De Une correspondance familiale

Lettre d’Eugénie Desnoyers, épouse de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à sa sœur Aglaé, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris)

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Ma chère petite Gla,[1]

Ton petit mot, annonçant ton arrivée au Vieux-Thann avec l’oncle Alphonse[2], a été reçu par un hourra de joie. Moi surtout je suis bien heureuse de cette perspective de t’avoir, de causer avec toi.

Le soleil brille aujourd’hui et si vous étiez ici nous pourrions faire une bonne promenade.

Dis à maman[3] que nous penserons bien à elle, et qu’elle pourra nous suivre et qu’elle sera de moitié dans le bonheur que nous aurons à nous trouver réunis.

Si je pouvais te trouver un bon domestique. Que d’ennuis tu as eu depuis quelque temps !

Embrasse notre Julien[4] et dis-lui que sa lettre m’a fait bien plaisir.

Mimi[5] vient me chuchoter toutes sortes de jolies petites choses pour toi.

Founi[6] est un peu enrhumée mais ce n’est rien. Moi je vais tout à fait bien ; ce qui m’ennuie c’est que Charles[7] depuis Lyon conserve toujours un peu la même indisposition qu’il a eu sous l’influence du choléra, mais ici, on dit toujours qu’il n’est pas encore arrivé. Que papa[8] ne fasse pas d’excès de travail.

Si tu pouvais m’avoir une paire de brodequins ou de chaussons en velours noir, doublés en flanelle et sans talon, pour remettre dans la journée quand je reste à la maison ça me serait très agréable.

Pour les fêtes des grand-mamans et autres il y a de jolies petites pièce de vers dit-on dans : La Guirlande de Myosotis, poésies dédiées à la jeunesse par Mme Louise Priou chez Vermot[9], quai des Augustins 33. prix du volume 1 F 25. Tu me ferais plaisir de l’envoyer chercher.

Si vous étiez prêts à partir demain soir et que tu préfères ne pas arriver le jour de la Toussaint, vous n’avez qu’à nous envoyer une dépêche. Demain nous faisons ta chambre, et vous pouvez nous arriver quand vous voudrez en nous envoyant une dépêche, ça ne nous effraiera pas.

Prends des nouvelles d’Adèle[10] avant de partir.

Adieu, ma Gla, à bientôt. Mille amitiés pour toi et les tiens et nos chers parents.

Eug. Mertz.

Dimanche 10 h du matin


Notes

  1. Lettre non datée, à situer, grâce au contexte, le dernier dimanche d’octobre, juste avant la Toussaint.
  2. Alphonse Milne-Edwards, époux d’Aglaé Desnoyers.
  3. Jeanne Target, épouse de Jules Desnoyers.
  4. Julien Desnoyers, jeune frère d’Eugénie et Aglaé.
  5. Marie (Mimi) Mertzdorff, fille de Charles.
  6. Emilie (Founi) Mertzdorff, petite sœur de Marie.
  7. Charles Mertzdorff, époux d’Eugénie Desnoyers.
  8. Jules Desnoyers.
  9. Les poésies de Louise Priou, La Guirlande de myosotis, est publiée par Joseph Vermot en 1859 en un volume In-18 de 250 pages, sous couverture illustrée.
  10. Adèle Duméril, épouse de Félix Soleil, est enceinte et alitée depuis une dizaine de jours.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Dimanche 29 octobre 1865. Lettre d’Eugénie Desnoyers, épouse de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à sa sœur Aglaé, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Dimanche_29_octobre_1865&oldid=39607 (accédée le 13 août 2022).

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