Dimanche 20 mars 1881 (B)

De Une correspondance familiale


Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse d’Edgar Zaepffel (Nancy) à Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris)


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Nancy le 20 Mars 1881

Tout en ayant ma bien chère Marie ; souhaité un fils, je m’empresse néanmoins à venir te féliciter de la naissance de ta petite fille[1]. D’abord l’essentiel est que tu sois heureusement délivrée ; d’un autre côté une fille est bien plus agréable en ce que très tôt c’est déjà une société pour la mère.

Je souhaite ma chère enfant que tu puisses nourrir avec succès, pourvu que tu n’en sois pas fatiguée. Je suppose d’après votre intention, que vous l’appellerez Jeanne, selon votre intention, à moins que ce ne soit une Marguerite, selon votre première décision ; nous attendions avec une vive impatience cette nouvelle.

Te voilà maintenant avec un agréable passe-temps, ton Bébé sera déjà grand quand je le verrai.

Le bras en écharpe, je commence maintenant à sortir un peu, soit pour faire des petites courses à pied, soit pour faire des promenades en voitures. Bien souvent j’ai encore de grandes souffrances, c’est un grand travail pour mes nerfs que de se remettre en place et de reprendre leur vigueur, matin et soir, je ne puis presque ouvrir mes doigts, les jointures en sont encore très enflées, j’ai conservé la sœur, pour les soins que réclame encore mon pauvre bras.

Notre neveu Théodore[2] est nommé Sous Inspecteurs des Forêts à 72 km plus loin que Nîmes, les Eugène[3] en sont désolés, quoiqu’on leur promette dans un an rappeler leur fils dans l’Est.

Laure[4] va venir passer quelques jours ici pour assister à la noce de Mlle Marthe[5]. Marie Verdelet[6] viendra passer avec son fils aîné[7] 2 à 3 jours avec nous.

C’est tout ce que ma main me permet de te dire pour le moment. J’espère que ton père[8] sera assez bon de nous redonner de te nouvelles.

Tu voudras bien l’embrasser pour moi, ainsi que la bonne Émilie[9], [tu] garderas pour toi aussi une bonne dose de baisers et de tendresses, sans oublier mes bonnes amitiés à ton cher mari[10]. L’oncle Edgar[11] envoie à tous son meilleur souvenir.

E. Zaepffel

Je suis contente depuis hier je suis débarrassée de la sœur Victorine.

Si je n’avais pas tant de difficulté pour écrire, je recommencerais ce griffonnage, mille excuses.


Notes

  1. Jeanne de Fréville (Robert était attendu).
  2. Théodore Zaepffel.
  3. Eugène Zaepffel et son épouse Marie Bossu.
  4. Laure Zaepffel, épouse d'Henri Velin.
  5. Possiblement Marthe Marie Grandeau, qui épouse le sous-préfet Antoine Charles Marie Émile Baudran, le 30 mars 1881.
  6. Marie Zaepffel épouse de René Verdelet.
  7. Louis Verdelet.
  8. Charles Mertzdorff.
  9. Émilie Mertzdorff, sœur de Marie.
  10. Marcel de Fréville.
  11. Edgar Zaepffel.

Notice bibliographique

D’après l’original.

Pour citer cette page

« Dimanche 20 mars 1881 (B). Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse d’Edgar Zaepffel (Nancy) à Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Dimanche_20_mars_1881_(B)&oldid=54040 (accédée le 14 août 2022).

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