Dimanche 15 juillet 1900

De Une correspondance familiale




Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Douai), à sa sœur Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris)


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Douai 15 Juillet[1]

Ma chère Marie,

Ta lettre et celle de tante Cécile[2] m’ont mis du baume dans le cœur, mais je t’assure que je suis partie contrariée et humiliée au possible de laisser à cette pauvre tante l’ennui de mes emballages, tant mieux si je le lui ai exprimé dans des termes qui m’ont fait absoudre, je n’en suis pas plus contente de moi pour cela. Heureusement que tu étais là, bonne chérie, pour tout réparer. C’est toujours sur toi que tout retombe, toi qui fais tout et qui ne fais jamais parler de toi. J’ai écrit longuement à tante C. au sujet de l’appartement en lui disant que, si nous venions à nous fixer à Paris d’ici à peu d’années, comme ce n’est pas impossible, nous cesserions naturellement cette location et [ ] demeureraient sans emploi. Je suppose qu’elle voudra t’en parler avant de me répondre.

C’est vraiment désolant que chaque lettre de Marthe[3] apporte une nouvelle déception et une nouvelle cause d’ennuis. La situation va se trouver tendue dès l’arrivée et vraiment la pauvre Marthe n’aura pas fait grand’ chose pour rendre les rapports aimables et agréables ; je trouve qu’elle a été maladroite dans tout cela et qu’elle a paru un peu trop indifférente. Je n’ai pu m’empêcher de lui dire notre déception de ne voir ni elle ni Jean présider au déménagement[4] ; je leur dis que j’espère bien les voir présider à l’emménagement en Octobre.

J’espère que tu as bien joui de tes deux jours passés à Livet et que Charles[5] en a profité pour se reposer un peu. J’ai eu Jacques[6] toute la journée, il est arrivé hier soir. Il est un peu agité, mais avec son tempérament très nerveux il pourrait l’être davantage. Cette journée de détente lui a fait du bien ; il a eu longtemps un de ses bons amis ce qui l’a égayé. Je viens de le faire partir pour qu’il soit de retour à Lille à 8h. Madeleine[7] a tenu à faire sa 2e communion demain à son intention.

Damas[8] rentrera demain matin vers 9h et nous avons des cousins de passage à Douai à déjeuner, nous nous en serions assez bien passé.

Nous irons Mardi matin à Lille pour attendre avec Jacques son résultat qu’on saura vers 1h.

Adieu ma chérie, je t’embrasse de tout mon cœur.

Émilie


Notes

  1. Lettre sur papier deuil.
  2. Cécile Milne-Edwards, veuve d'Ernest Charles Jean Baptiste Dumas.
  3. Marthe Pavet de Courteille, épouse de Jean Dumas, nièce et belle-fille de Cécile Milne-Edwards-Dumas.
  4. Déménagement de Cécile Milne-Edwards-Dumas, après la mort de son frère Alphonse Milne-Edwards qui habitait au Jardin des Plantes.
  5. Charles de Fréville.
  6. Jacques Froissart, pensionnaire, qui vient de passer les épreuves orales du baccalauréat classique (2re partie, rhétorique), auquel il sera reçu.
  7. Madeleine Froissart.
  8. Damas Froissart.

Notice bibliographique

D’après l’original.


Pour citer cette page

« Dimanche 15 juillet 1900. Lettre d’Émilie Mertzdorff, épouse de Damas Froissart (Douai), à sa sœur Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Dimanche_15_juillet_1900&oldid=54260 (accédée le 9 août 2022).

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