Dimanche 12 mai 1861

De Une correspondance familiale


Lettre de Caroline Duméril, épouse de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à sa cousine Adèle Duméril (Paris)


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Vieux Thann

12 Mai 1861

Ma chère Adèle

Je ne veux pas laisser passer le 13 Mai sans venir t'exprimer tous mes souhaits et mes vœux. Voilà un joli âge qui commence pour toi, te voilà tout à fait une demoiselle et une amie pour ta mère[1], au reste pour la raison et le cœur il y a longtemps, ma bien chère Adèle que tu n'es plus une enfant et qu'on peut compter sur toi comme sur une <bonne> amie dévouée et aimante.

J'aime à espérer que tes 17 ans ne t'amèneront rien que d'heureux et d'agréable et que tu vas débuter par un beau succès dans tes examens ; tu sais combien je penserai à toi en ce moment et combien je ferai de vœux pour que la chance te soit favorable, quant à l'instruction je sais que rien ne te manquera de ce côté, car je sais combien tu travailles avec fruit et courage.

Je te dirai ma <chère> amie, que j'avais choisi pour toi un petit mouchoir brodé auquel j'ai voulu faire mettre ton chiffre et que j'ai renvoyé pour cela dans les Vosges, mais voilà qu'on m'a manqué de parole et que je n'ai rien à t'envoyer, ce sera je pense un retard de quelques jours que tu voudras bien excuser car il ne dépend pas de moi. Avec ce mouchoir, tu en trouveras un second semblable que je prie Emilie[2] de vouloir bien accepter. Dis-lui combien son écran m'a fait plaisir et exprime-lui encore tous mes remerciements.

Ici nous allons tous bien, les enfants[3] sont à ravir et jouissent bien des premiers beaux jours. J'espère que toutes vos santés sont bonnes aussi ; sois je te prie, mon interprète auprès de bonne-maman[4] et de tes chers parents[5] pour leur faire agréer mes sentiments de respect et de sincère affection.

Veuille excuser mon laconisme, mais je suis bien pressée, ayant toute la famille[6] à dîner à midi et Georges[7] attendant ma lettre pour la porter en ville. Adieu ma chère et bonne petite Adèle je t'embrasse du plus profond de mon cœur et t'envoie mes meilleures tendresses. Chacun ici te dit les choses les plus amicales

ta cousine et amie

Crol

Je ne puis te dire combien Mimi est heureuse de tout ce que bonne tante Adèle a envoyé, je t'en remercie mille fois pour moi et pour elle.

Je suis très contente d'une nouvelle marchande de modes qui m'a fait mes chapeaux de deuil, vous serez peut-être bien aise d'avoir son adresse ci-jointe


Notes

  1. Eugénie Duméril, épouse d’Auguste Duméril.
  2. Possiblement Emilie Sergent.
  3. Marie (2 ans) et Emilie (3 mois) Mertzdorff.
  4. Alexandrine Cumont, veuve d’Auguste Duméril l’aîné, grand-mère de Caroline et Adèle.
  5. Eugénie et Auguste Duméril.
  6. Les parents de Caroline se sont installés en Alsace près de leur fille fin avril.
  7. Probablement Georges Léon Heuchel.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Dimanche 12 mai 1861. Lettre de Caroline Duméril, épouse de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à sa cousine Adèle Duméril (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Dimanche_12_mai_1861&oldid=41201 (accédée le 20 août 2022).

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