Autour du 18 septembre 1888

De Une correspondance familiale


Lettre de Jean Dumas (Launay près de Nogent-le-Rotrou) à Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Le Houssay dans l'Orne)


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Merci ma chère Marie[1] de la bonne lettre ou plutôt de votre bonne lettre puisque Marcel[2] l’a signée aussi.

Je l’ai lue à Marthe[3] et tous deux nous sommes bien sensibles à cette bonne et profonde affection que vous nous montrez en toute occasion et que d’ailleurs nous vous rendons bien tu le sais chère grande sœur.

Marcel a raison, je suis heureux, très heureux même et maintenant ma joie est sans mélange voyant que malgré toutes ses longues souffrances ma chère petite Marthe va bien et que notre fillette[4] se porte à merveille.

Je ne sais si ma figure est particulière mais si Marcel a envie de la voir rien n’est plus simple, vos chambres vous attendent[5], venez, nous serons tous ravis. Marthe a bondi de joie (ceci est une simple figure de rhétorique) à l’idée de te voir et de te montrer sa fille. Sa fille ! Notre fille ! Ma fille ! c’est pourtant vrai ! je ne me lasse pas de me répéter cela et j’ai peine à y croire. c’est qu’elle est très gentille notre fille, et pas jaune du tout.

Jusqu’à présent ma pauvre petite femme trouve que toutes ces douces émotions dont tu parles sont surtout des émotions douloureuses. D’abord naissance de bébé longue et difficile, ensuite courbatures, maux de tête. Ce petit cri que tu représentes si doux, transformé en une vaste clameur durant toute la nuit et l’empêchant de fermer l’œil. La fièvre de lait pendant 24 heures très forte, enfin, enfin une ou 2 gerçures faisant que la petite bouche, heureusement pas trop maladroite, est attendue avec beaucoup d’appréhension. Maintenant la fièvre a cessé, les courbatures diminué, la nuit a été bonne et Madame se prépare à manger une côtelette.

Le temps est gris mais sans pluie. Et dimanche pour le Baptême de bébé nous avons eu une belle journée.

Adieu chère Marie, mille amitiés ainsi qu’à Marcel, et à bientôt. Embrasse les enfants[6] de la part d’amie Marthe ami Jean et Cécile. Marcel devrait amener Black Bess[7] pour nous promener ensemble.

J Dumas-Edwards


Notes

  1. Lettre sur papier deuil, non datée, à situer peu après le baptême de Cécile Dumas (dimanche 16 septembre).
  2. Marcel de Fréville.
  3. Marthe Pavet de Courteille, épouse de Jean Dumas.
  4. Cécile Dumas.
  5. A Launay, près de Nogent-le-Rotrou.
  6. Les enfants de Marie : Jeanne, Robert, Charles et Marie Thérèse de Fréville.
  7. Black Bess, cheval du bandit anglais Dick Turpin (1705-1739), devenu une figure du folklore anglais.   

Notice bibliographique

D’après l’original.


Pour citer cette page

« Autour du 18 septembre 1888. Lettre de Jean Dumas (Launay près de Nogent-le-Rotrou) à Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Le Houssay dans l'Orne) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Autour_du_18_septembre_1888&oldid=51422 (accédée le 4 octobre 2022).

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