Mardi 3 octobre 1797, 12 vendémiaire an VI

De Une correspondance familiale

Lettre d’André Marie Constant Duméril (Paris) à sa mère Rosalie Duval (Amiens)

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n°103

Paris le 12 Vendémiaire an 6

Maman,

Je ne Relèverai pas tout ce qu'il peut y avoir de désagréable pour moi dans la fin de la lettre que vous adressiez à Auguste[1] le premier de ce mois. je vous rappellerai seulement que je ne suis pas le dernier à écrire et que, sans vouloir compter avec vous, je ne suis nullement en retard. Au reste, je suis maintenant bien instruit de votre manière de penser à mon égard ; car c'est peut-être la dixième fois que vous m'adressez ces reproches et à peu près dans les mêmes termes. J'éprouve cependant qu'il est bien difficile de s'accoutumer aux injustices. On peut blâmer mon dire, mon faire ; mais quand on veut attaquer mes sentiments, la blessure est vive. Qui n'est point sensible aux plaies du cœur !

Vous ai-je jamais laissé ignorer quelque chose de ce qui m'intéressait. Je vous ai rapporté mes plaisirs, mes peines, mes incertitudes. Vous vous plaignez de ce que je n'ai rien à vous dire. Est-ce ma faute à moi ? Est-ce que je ne sais pas bien que vous voyez toutes les lettres que j'adresse à la maison ; de la même manière que je suis avide de connaître ici tout ce qui vient de vous. Répéterai-je, dans chacune de mes lettres, ce que j'ai mandé dans l'une d'elles ? Voilà cependant sur quels fondements vous établissez vos accusations ; que vous exposez avec amertume et que moi-même je repousse, peut-être, avec trop d'aigreur.

Voilà une lettre d'un style qui ne me plaît guère et surtout le ton qui y règne ; je vous prie de l'excuser ; en ayant égard toutefois, au motif qui l'a dicté.

Votre fils

C. Duméril


Notes

  1. Auguste Duméril l’aîné, frère d’André Marie Constant.

Notice bibliographique

D’après l’original (il existe également une copie dans le livre des Lettres de Monsieur Constant Duméril, 2ème volume, p. 44-45)

Annexe

A la Citoyenne Duméril la mère

Pour citer cette page

« Mardi 3 octobre 1797, 12 vendémiaire an VI. Lettre d’André Marie Constant Duméril (Paris) à sa mère Rosalie Duval (Amiens) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Mardi_3_octobre_1797,_12_vend%C3%A9miaire_an_VI&oldid=40970 (accédée le 19 août 2022).

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