Jeudi 3 novembre 1791

De Une correspondance familiale

Lettre d’André Marie Constant Duméril (Rouen) à sa mère Rosalie Duval (Amiens)

lettre du 3 novembre 1791, recopiée livre 1 page 78.jpg


N°23

Rouen 3 Novembre 1791.

Maman,

Je sens que vous attendez avec impatience des nouvelles de M. Thillaye, c’est pourquoi, je vous en fais passer : depuis six jours, il est dans un délire continuel et la fièvre ne lui donne aucune relâche. Depuis trois jours il a les vésicatoires et ils ne font aucun effet ; on les retire aujourd’hui. D’après les médecins il est dans un état très critique et qui se décidera certainement sous peu du côté du bien ou du mal. Jugez si nous devons flotter entre la crainte et l’espérance ?

Je suis sorti hier le matin avec madame[1] pour acheter une redingote : nous en avons fait emplette, d’une couleur olive foncée qui revient toute faite à trente trois livres, quant au pantalon de beige, personne d’honnête et surtout dans les boutiques n’en porte ici. J’en suis bien fâché, cela m’aura.

Tout est perdu, le chirurgien lève les vésicatoires, il n’a plus d’espoir, il passera peut être aujourd’hui la mort. Je vous embrasse. Adieu réponse

Constant Duméril


Notes

  1. L’épouse de Jacques François René Thillaye, née Platel.

Notice bibliographique

D’après le livre des Lettres de Monsieur Constant Duméril, 1er volume, p. 78

Pour citer cette page

« Jeudi 3 novembre 1791. Lettre d’André Marie Constant Duméril (Rouen) à sa mère Rosalie Duval (Amiens) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Jeudi_3_novembre_1791&oldid=40068 (accédée le 3 février 2023).

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