Godoy Álvarez de Faria, Manuel (1767-1851)

De Une correspondance familiale

Lorsqu’André Marie Constant Duméril se rend en Espagne en 1805, Manuel Godoy Álvarez de Faria, « le Prince de la Paix » (il le désigne toujours ainsi), auprès de qui il a des lettres de recommandation de Lacépède, le reçoit « avec beaucoup d’égards et d’attentions ». Godoy Álvarez de Faria charge Estala, son secrétaire particulier et chanoine de Tolède, de faire visiter au savant français le Muséum d’histoire naturelle, le Jardin des plantes et le couvent de l’Escurial.

Premier ministre de Charles IV dès son accession au trône en 1792, Godoy Álvarez de Faria entreprend de sauver Louis XVI. Lorsque la Convention déclare la guerre à l'Espagne (7 mars 1793), malgré quelques succès des armées espagnoles, la France reste victorieuse dans une seconde campagne, et la paix est signée à Bâle le 22 juillet 1795. C’est ce traité qui vaut à Godoy Álvarez de Faria le titre de Prince de la Paix. Homme très influent, il s'applique à relever l’Espagne de la ruine économique, à réduire le pouvoir de l'Inquisition et les prétentions du clergé, à affranchir le gouvernement de l’ingérence de la papauté. L'accomplissement d’un tel programme suscite contre lui une coalition des intérêts lésés. Il est critiqué aussi pour la vie fastueuse qu’il mène.

Quand l’Espagne est envahie par l’armée napoléonienne, Godoy Álvarez de Faria s’enfuit à Rome avec Charles IV où il reste jusqu'à la mort du roi déchu en 1819. Il finit sa vie modestement à Paris.



Pour citer cette page

« Godoy Álvarez de Faria, Manuel (1767-1851) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), URI: https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Godoy_%C3%81lvarez_de_Faria,_Manuel_(1767-1851)&oldid=41896 (accédée le 7 juillet 2022).

D'autres formats de citation sont disponibles sur la page page dédiée.