Fin octobre 1872

De Une correspondance familiale


Lettre d’Eugénie Desnoyers, épouse de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à sa sœur Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris)


original de la lettre fin octobre 1871.jpg


Ma chère Gla,

J'ai bien reçu ta bonne petite causerie de Dimanche, je te remercie de tes bons souhaits. Je vois que tu vas bien, que tu fais beaucoup de choses, et qu'Alphonse[1] a repris ses occupations, tu ne me dis pas qu'il soit fatigué, nous aimons à penser que c'est bon signe, et qu'il a laissé à Launay le rhume et le malaise, suites de ses travaux sur les limules. A propos est-ce qu'il a déjà publié ses recherches sur ces intéressantes petites bêtes.

Tu es bien gentille de t'occuper de Mlle Augusta[2]. Ici nous n'avons plus rien su d'elle. Tu peux répondre qu'elle est de famille alsacienne catholique ; le père était notaire, la mère est restée veuve il y a longtemps avec une nombreuse famille (6 enfants je crois) tous grands aujourd'hui et pouvant se pourvoir eux-mêmes ; jusqu'ici Mlle Augusta a dû aider ses deux plus jeunes frères (21 et 25 ans environ). L’aide L'aîné qui est marié a une place assez élevée dans les télégraphes français à Lyon il me semble. Mlle Augusta pourrait convenir dans une maison où il n'y aurait plus de mère, je la crois consciencieuse, avec des sentiments réellement religieux, et pouvant s'occuper de la tenue de la maison. Elle a contre elle son apparence maigre, petite et un peu maladive, mais souvent ceux-là résistent plus que ceux qui ont l'apparence rouge et forte.

Nous avons pensé à toi Mercredi, tu devais être bien contente en portant tes petites robes finies, et en conduisant la petite Berthe[3] rue Oudinot.

Qu'est-ce qui fait travailler maintenant Hortense[4], car elle ne doit pas avoir terminé ses études. Marie[5] voulait lui écrire pendant qu'elle était chez toi ; mais réellement le temps lui a manqué, avec les leçons d'Allemand, de musique, le cours, souvent elles[6] ont encore à faire après souper.

Toutes les fois que tu parles de petit Jean[7], cela fait toujours plaisir, embrasse-le bien ce brave et honnête garçon pour ses amies.

Merci de t'être occupée des chapeaux des fillettes, Charles[8] me gronde de te donner l'ennui de t'occuper de ces choses-là quand cela t'est une corvée déjà pour les tiennes, mais je suis sûre que tu le fais avec plaisir et je t'en remercie.

Adieu, ma chérie, je t'embrasse de tout cœur

EM.


Notes

  1. Alphonse Milne-Edwards.
  2. Mlle Augusta, institutrice des petites Berger.
  3. Berthe non identifiée.
  4. Hortense Duval, née en 1857.
  5. Marie Mertzdorff.
  6. Marie et sa sœur Emilie Mertzdorff (« les fillettes »).
  7. Jean Dumas.
  8. Charles Mertzdorff.

Notice bibliographique

D’après l’original

Annexe

Pour Aglaé

Pour citer cette page

« Fin octobre 1872. Lettre d’Eugénie Desnoyers, épouse de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à sa sœur Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Fin_octobre_1872&oldid=43093 (accédée le 17 août 2022).

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