Dimanche 18 septembre 1870 (B)

De Une correspondance familiale


Lettre d’Auguste Duméril (Paris) à son frère Louis Daniel Constant Duméril et son épouse Félicité Duméril (Morschwiller)


livre de copies, vol. 2, p. 615 (lettre 1870-09-18 B).jpg livre de copies, vol. 2, p. 616 (lettre 1870-09-18 B).jpg livre de copies, vol. 2, p. 594 (récapitulatif des lettres envoyées par A. Duméril , automne 1870).jpg


d’Auguste

Dimanche 18 Septembre 1870.

Mes chers amis,

Je ne peux pas mettre, dans ce moment, la main sur la dernière lettre de Constant[1], mais je puis vous informer de l’exactitude de son arrivée, de même que mon N° 2[2], du 6 Septembre : je l’ai vu, par ce que Constant me dit, vous est parvenu ; mais mon n° 3, du 12 Septembre, où je ne vous parlais que des angoisses que nous[3] avait causées la perspective du départ d’Adèle, dans les plus déplorables conditions, et que de la joie, causée par le changement subit de projets, vous a-t-il été transmis, par la poste ? Depuis lors, nous n’avons rien reçu de vous, et si Adèle[4] n’avait reçu, ce matin, une lettre de Chaumont, écrite, il est vrai, le 14, mais donnant la preuve qu’il n’y a pas interruption complète du service postal, malgré la coupure des voies ferrées, je ne me serais pas décidé à vous écrire. Ne pourriez-vous pas, à votre tour, tenter de nous envoyer quelques lignes ? nous serions bien heureux d’avoir de vos nouvelles.

Si je n’étais pas fatigué par la toux nocturne et par les expectorations abondantes qui la provoquent, je ne me trouverais pas mal. Il est survenu, dans le haut du poumon droit, un peu de bronchite, que de petits vésicatoires volants, et, avant-hier au soir, un large emplâtre irritant, et une potion, sorte de looch[5], rendu calmant, par la jusquiame[6], semblent combattre un peu : la journée d’hier, en effet, et celle d’aujourd’hui, par comparaison avec les précédentes, sont-elles bien meilleures, par suite de l’absence presque complète de la toux, et de l’expectoration : mais, la nuit, elles reviennent : la dernière, cependant, a été un peu moins troublée. De 10 h ½ à 2 h ½, j’ai dormi, et après une interruption de ½ heure, j’ai dormi encore une bonne heure, mais à 4 h, la toux et l’expectoration sont devenues assez violentes pour interrompre complètement le sommeil.

La bonne Suzette[7] vient d’arriver, et comme il est 5 h, et que je ne puis pas prolonger la conversation, je termine ici ma lettre, qu’elle ne veut pas que je ferme, sans vous faire toutes ses amitiés, auxquelles nous joignons les nôtres, en masse.

A vous de cœur.

A Auguste Duméril.


Notes

  1. Louis Daniel Constant Duméril.
  2. Voir le récapitulatif des lettres envoyées dans le livre de copies : Lettres de Monsieur Auguste Duméril, 2e volume, page 594.
  3. Angoisses éprouvées par Auguste Duméril et son épouse Eugénie.
  4. Adèle Duméril, leur fille, épouse de Félix Soleil, nommé à Chaumont.
  5. Le looch est une potion médicinale adoucissante et calmante, qu'on prend à petites gorgées.
  6. La jusquiame est une plante de la famille des solanacées qui a des propriétés narcotiques et toxiques.
  7. Suzanne de Carondelet, veuve d’Antoine de Tarlé.

Notice bibliographique

D’après le livre de copies : Lettres de Monsieur Auguste Duméril 2me volume (pages 615-616)

Pour citer cette page

« Dimanche 18 septembre 1870 (B). Lettre d’Auguste Duméril (Paris) à son frère Louis Daniel Constant Duméril et son épouse Félicité Duméril (Morschwiller) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Dimanche_18_septembre_1870_(B)&oldid=39432 (accédée le 2 juillet 2022).

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