Dimanche 14 novembre 1897

De Une correspondance familiale



Lettre de Cécile Milne-Edwards, veuve d'Ernest Charles Jean Baptiste Dumas (Launay près de Nogent-le-Rotrou) à Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris)


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Launay. Dimanche matin 14[1]

Nous étions bien peu fiers hier, ma chère enfant, la journée avait été une des plus mauvaises & le pauvre Jean[2], tout comme nous, était très démoralisé. Enfin la nuit a été meilleure et ce matin il a une tout autre figure. La température est à 37, le pouls à 85 &, même s’il y a de la fièvre dans quelques heures, c’est toujours beaucoup de gagné que ce moment de détente.

Jusqu’à présent, les accès plus forts n’ont guère été réglés mais il me semble… sans en être sûre, & c’est demain que nous serons plus fixés – qu’il y a un jour sur 2 plus mauvais, aujourd’hui ce serait le bon, relativement. Marthe[3] est d’autant plus fatiguée qu’elle a un abcès sous le bras, prêt à s’ouvrir mais qui ne l’est pas encore & qui la fait beaucoup souffrir. J’aurais voulu pouvoir la suppléer en bien des choses car je ne suis nullement fatiguée, n’ayant rien à faire seulement c’est difficile & elle ne se résignerait pas au repos complet. Je te remercie bien de toute ta bonne volonté et des offres de services que tu nous fais. S’il y a lieu nous en userons, je voulais renvoyer Christine[4] à Paris pour ton oncle[5], il ne s’en soucie pas & préfère rester comme il est, assurant qu’il est bien. J’espère que c’est l’exacte vérité car tu penses que ta tante L.[6] & moi nous n’avons pas besoin de 3 femmes de chambre !

Tu ne peux certainement te faire une idée juste de la manière dont Jean a passé les 8 jours de maladie qui ont précédé son embarquement ; cela, joint à l’effort qu’il lui a fallu faire pour partir, a bien augmenté son mal. Adieu ma chère enfant, merci encore de ta lettre si affectueuse & nos tendres amitiés.

CMEDumas

Jean prend de la Quinine. le Médecin[7] n’a pas l’air intelligent, mais ton oncle prétend que cela vaut peut-être mieux. Je préférerais pourtant le contraire.

Bon souvenir à ton mari[8] du malade & de tous

ton oncle sera chez lui demain à 1h.


Notes

  1. Lettre sur papier deuil.
  2. Jean Dumas, fils de la signataire.
  3. Marthe Pavet de Courteille, épouse de Jean Dumas.
  4. Christine, employée de maison des Dumas.
  5. Alphonse Milne-Edwards.
  6. Louise Milne-Edwards, veuve de Daniel Pavet de Courteille.
  7. Médecin non identifié.
  8. Marcel de Fréville.

Notice bibliographique

D’après l’original.


Pour citer cette page

« Dimanche 14 novembre 1897. Lettre de Cécile Milne-Edwards, veuve d'Ernest Charles Jean Baptiste Dumas (Launay près de Nogent-le-Rotrou) à Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Dimanche_14_novembre_1897&oldid=56434 (accédée le 20 août 2022).

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