Vendredi 14 mai 1875

De Une correspondance familiale

Lettre d’Emilie et Marie Mertzdorff (Paris) à leur père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann)

original de la lettre 1875-05-14 page 1.jpg original de la lettre 1875-05-14 pages 2-3.jpg


Paris le 14 Mai 1875

Mon Père chéri,

Que d’excuses n’avons-nous pas à te faire pour avoir passé la journée d’hier sans t’écrire, je ne sais vraiment pas comment nous nous sommes arrangées mais il faisait si si beau dehors que nous avons passé toute l’après-midi dans le petit jardin à coudre et à lire et lorsque nous sommes remontées l’heure de la poste était passée.

J’espère que ce petit retard dans notre correspondance ne t’aura pas inquiété surtout lorsque tu apprendras que nous nous portons à merveille et qu’aujourd’hui je vais enfin prendre le bain de la réconciliation avec le reste des humains.

M. Dewulf[1] m’a complètement abandonnée, sa dernière visite a eu lieu Mercredi et il nous a chargées de te dire après avoir demandé de tes nouvelles que si tu allais bien nous allions encore mieux. Je sors tous les jours mais jusqu’à présent je n’ai pas encore quitté le jardin, cette après-midi je vais aller voir Jean[2]. Lui aussi va mieux cependant il paraît que

Mon papa chéri nous revenons du bain. Marie est enchantée, elle a très bonne mine. Elle mange toujours beaucoup. Il est tard et je me dépêche.    

Nous avons été chez Jean il était levé naturellement, on l’a purgé aujourd’hui pour la seconde fois. Nous avons joué tout le temps avec une machine électrique.     

Il sortira demain en voiture.   

Adieu mon père chéri l’heure de la grande poste est passée le <       > et si nous ne craignions pas de t’inquiéter nous ne ferions certes pas partir cette lettre et nous n’y mettrions pas un double timbre. Apitoie-toi sur le sort de tes pauvres filles qui ne savent décidément pas trouver le temps de t’écrire.   

Mille baisers de notre part.   

Tes filles sans tête     

E. M. Mertzdorff


Notes

  1. L. J. A. Dewulf, médecin qui a soigné Marie Mertzdorff pendant sa rougeole.
  2. Jean Dumas.

Notice bibliographique

D’après l’original

Pour citer cette page

« Vendredi 14 mai 1875. Lettre d’Emilie et Marie Mertzdorff (Paris) à leur père Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Vendredi_14_mai_1875&oldid=35762 (accédée le 25 septembre 2022).

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