Pingard, Antonius (1797-1885)

De Une correspondance familiale

Trois générations de cette famille ont occupé des fonctions à l’Institut (Paris), étant ainsi familiers d’André Marie Constant Duméril, de son fils Auguste et de leurs confrères.

Le premier, Jean Pingard (1757-1830), est gardien au Louvre des salles des anciennes Académies dissoutes en 1793, puis huissier à l’Institut.

L’un de ses deux fils, Antonius Pingard, lui succède. Un comité de l’Académie des Beaux-Arts juge nécessaire, « vu la maladie prolongée de M. Cardot, agent spécial et chef du secrétariat, de lui adjoindre provisoirement M. Antonius Pingard pour le seconder dans ses fonctions et le suppléer au besoin » (séance du 29 février 1840). Pendant 46 ans il dirige ce poste important qui s’occupe également des archives, de la comptabilité, de l’impression des mémoires, etc. De l’intense correspondance que génèrent ces activités, de nombreuses lettres adressées à des artiste ou reçues d’eux apparaissent dans des archives diverses et des ventes (Victor Hugo, Halévy, Berlioz, Scribe, etc.). La Bibliothèque de l'Institut de France conserve 3 volumes de Dessins, portraits, charges et paysages croqués, pour la plupart, au cours des séances de l'Institut, par divers académiciens et recueillis par Antonius Pingard, premier huissier de l'Institut (1830-1859 ; portraits attribués aux académiciens Emile Perrin, Paul Delaroche, Hippolyte Flandrin, François Heim, Philippe Lemaire, Alexandre Lenoir, etc.)

Le fils d’Antonius, Julia Pingard (1829-1905), adjoint à son père à l’Institut dès 1848, lui succède en 1886, mais depuis longtemps il faisait toutes les fonctions, ne laissant que l’apparat à son père.

Les Goncourt (Journal, 11 février 1875) le peignent ainsi dans ses fonctions : « On m'a donné un billet [pour une séance de réception à l'Académie], et ce matin, après déjeuner, nous partons, la princesse, Mlle de Galbois, Benedetti, le général Chauchard, et moi, pour l'Institut. Ces fêtes de l'intelligence sont assez mal organisées, et par un froid très vif, on fait queue, un long temps, entre des sergents de ville maussades, et des troubades étonnés de la bousculade entre les belles dames à équipages et des messieurs à rosettes d'officiers. Enfin nous sommes à la porte. Apparaît un maître d'hôtel. Non, c'est l'illustre Pingard, une célébrité parisienne qui doit une partie de sa notoriété à sa gnognonnerie, un homme tout en noir, avec des dents recourbées en défense, et un rognonement de bouledogue érupé. Il nous fait entrer dans un vestibule, orné de statues de grands hommes, ayant l'air très ennuyé de leur représentation en un marbre trop académique, disparaît un moment, et puis reparaît, et gourmande durement la princesse – qu'il feint de ne pas reconnaître – pour avoir dépassé une certaine ligne du pavé. »



Pour citer cette page

« Pingard, Antonius (1797-1885) », Une correspondance familiale (D. Poublan et C. Dauphin eds.), URI: https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Pingard,_Antonius_(1797-1885)&oldid=42202 (accédée le 19 avril 2024).

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