Dimanche 31 octobre 1784

De Une correspondance familiale

Fragment de lettre de Jean Charles Nicolas Dumont (Oisemont) à son fils Charles (Paris)


31 Octobre 1784[1]

Mademoiselle Bertin[2] ne paraît pas, d’après ce que tu me marques, en état de pousser loin ses protégés. Ainsi, je crois qu’il faut perdre de vue cette grand protectrice. J’ai beaucoup connu Mademoiselle Barbier, marchande de modes à Abbeville, qui a été depuis mariée à un Monsieur Lejeune qu’elle a quitté, à ce qu’on m’a dit, pour s’en aller demeurer avec cette demoiselle Bertin. Si cela était, je suis persuadé que cette demoiselle Barbier, ou plutôt dame Lejeune, serait disposée à m’obliger, mais où cela aboutirait-il ? Je tâcherai cependant de découvrir si elle s’est réellement retirée avec la demoiselle Bertin qui est de la plus basse extraction !

[…]

Ce que tu me mandes au sujet des deux intendants gendres de Monsieur Bertier[3] ne peut être que bon à dire de bouche à Monsieur le Comte de Rouault[4] à qui j’écrirai après que tu m’auras dit ce que ta visite aura produit. Tu pourras dans quelque temps présenter un exemplaire à la Comtesse de Rouault qui est des plus obligeantes et qui a beaucoup de parents dans de très grandes places qui pourraient te prendre auprès d’eux. Un peu de patience, de telle façon que ce soit, tu ne resteras pas là.

Il faut encore attendre un peu pour présenter un exemplaire à Monsieur le bailli d’Oisemont notre commandeur Grand Croix et receveur général de l’Ordre de Malte, qui connaît sûrement des intendants et qui aurait pu bien davantage que Madame la Comtesse de la Rochefoucauld auprès de l’intendant d’Amiens[5].


Notes

  1. Jean Charles Nicolas Dumont s’adresse à son fils Charles Dumont de Sainte-Croix.
  2. Mlle Bertin, modiste de Marie-Antoinette, originaire d’Abbeville.
  3. Louis Bénigne François Bertier de Sauvigny, intendant de Paris ; Charles Esprit Marie de la Bourdonnaye-Blossac, son gendre, intendant à Soissons.
  4. Comte Rouault de Gamaches.
  5. François Marie Bruno d’Agay (1722-1805), intendant de Picardie de 1771 à 1790 ; il est un membre actif de l'Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts d'Amiens.

Notice bibliographique

D’après l’extrait publié par Ludovic Damas Froissart, dans André Marie Constant Duméril, médecin et naturaliste, 1774-1860, 1984, p. 10-11.

Pour citer cette page

« Dimanche 31 octobre 1784. Fragment de lettre de Jean Charles Nicolas Dumont (Oisemont) à son fils Charles (Paris) », Une correspondance familiale (C. Dauphin et D. Poublan eds.), https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=Dimanche_31_octobre_1784&oldid=58651 (accédée le 6 février 2023).

D'autres formats de citation sont disponibles sur la page page dédiée.